Économie

Cameroun : Chanas Assurances veut cibler les PME et les particuliers

Mis à jour le 20 février 2014 à 09:22

L’assureur camerounais Chanas, spécialisé jusqu’alors dans les risques des secteurs du pétrole et des transports, s’adresse désormais aux particuliers et aux PME du Cameroun.

« La politique de la maison a changé. L’accueil va s’améliorer », a répété Henri Ewele, le nouveau directeur général de Chanas Assurances, à l’intention des courtiers ayant répondu à son invitation du 20 décembre 2013. Pour convaincre son auditoire, Ewele n’a pas lésiné sur les moyens : « Nous proposons de reverser une participation à ceux qui resteront avec nous pendant au moins trois ans. » Une déclaration qui a fait mouche. « Nous sommes ravis de constater que nous ne sommes plus considérés comme des pestiférés par cette entreprise, confie un courtier. Certains de nos clients exigeaient d’être assurés par Chanas, mais l’ancienne présidente [Jacqueline Casalegno] ne voulait pas travailler avec nous. »

« Enfin on n’est plus considérés comme des pestiférés par cette entreprise », s’exclame un courtier.

Cette rencontre marque une véritable transformation dans l’identité du leader camerounais de l’assurance dommages, qui a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 23 milliards de F CFA (35 millions d’euros) en 2012. Avec ses cinq bureaux de représentation, la compagnie s’est longtemps définie comme une société de vente directe. Elle avait tiré un trait sur les services de courtage, qui avaient pourtant fait son succès avant sa fusion, en 1997, avec la Société camerounaise d’assurance et de réassurance (Socar).

Police

Mais son réseau a eu bien du mal à rivaliser avec celui de la vingtaine d’agences établies par des concurrents pour séduire le marché des particuliers et des PME. « Chanas a vécu des décennies durant sur une rente : les grands risques des secteurs du pétrole et des transports maritime et aérien, analyse un concurrent. La nouvelle direction estime qu’il faut désormais diversifier ses activités. » Cela se concrétise notamment par le renforcement de son réseau – le bureau de Garoua a ouvert ses portes en novembre 2013 – et par un rapprochement avec les courtiers.

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L’évolution de Chanas devrait également reposer sur l’élaboration de produits destinés aux PME et sur la multiplication des partenariats. Le 19 décembre 2013, le groupe et la Commercial Bank-Cameroun (CBC) ont signé un accord aux termes duquel la banque s’engage à préfinancer les primes d’assurances en accordant des crédits aux clients. Ces derniers peuvent alors régler l’intégralité du montant de leur police au moment de la souscription, comme l’oblige désormais l’article 13 du code Cima (Conférence interafricaine des marchés d’assurances).

Caillou

Quatre mois après la fin de la crise de succession qui a abouti à la mise sur la touche de Jacqueline Casalegno, 86 ans, la fondatrice et ex-PDG du groupe, tout semble rentrer dans l’ordre. Comme l’avait demandé la Commission régionale de contrôle des assurances (CRCA) de la Cima, la fonction occupée par l’ancienne patronne n’existe plus. Casalegno est désormais présidente du conseil d’administration.

Reste un dernier caillou dans la chaussure d’Ewele. La Cima réclame la mutation du titre foncier du siège de la défunte Socar. Un actif estimé à 1,5 milliard de F CFA, que Chanas fait figurer illégalement dans son bilan. « Nous sommes en train de régulariser notre situation pour 2014 », promet-il.