Politique

Côte d’Ivoire : comment Alassane Ouattara gère « l’affaire KKB »

Le président et le chef du gouvernement Patrick Achi avaient été informés des accusations visant leur ministre de la Réconciliation, avant que la plainte pour viol ne soit déposée. Pour l’instant, ils ont décidé de ne pas lui retirer leur confiance.

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Mis à jour le 30 septembre 2021 à 18:10

Kouadio Konan Bertin, à Paris le 26 novembre 2019. © Vincent Fournier/JA

Au sein du gouvernement, Téné Birahima Ouattara, a été le premier à être informé de l’affaire. Le ministre de la Défense et frère du président Alassane Ouattara a mandaté le directeur général de la police, Youssouf Kouyaté, pour faire la lumière sur ce dossier. Si la plainte pour viol contre Kouadio Konan Bertin (KKB) a été déposée en début de semaine, cela fait en effet plusieurs jours que l’exécutif est au courant des accusations qui pèsent contre le ministre de la Réconciliation.

Convocation

Une chanteuse camerounaise, Sophie Dencia, installée en Côte d’Ivoire, accuse l’ancien cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’avoir contrainte à se rendre à Divo, dans le centre du pays, en avril dernier, et de l’avoir violée. Jusqu’à la semaine dernière, KKB et ses conseils ont tenté de négocier avec elle.

Ils lui auraient proposé, selon elle, 20 millions de franc CFA pour qu’elle ne dépose pas plainte mais celle-ci aurait réclamé, selon la partie adverse, 250 millions. « Du chantage », selon l’accusé. Ce dernier a, selon son entourage, déposé plainte pour « escroquerie » et « diffamation. »

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Le 28 septembre, alors que la plainte avait été déposée et que l’affaire était sur le point de devenir publique, Alassane Ouattara et le Premier ministre Patrick Achi, ont chacun convoqué le ministre de la Réconciliation. Après avoir entendu sa version des faits, ils ont, pour l’heure, décidé de ne pas l’exclure du gouvernement.

Si KKB est un ancien cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), le chef de l’État lui est reconnaissant de ne pas avoir suivi l’appel au boycott de l’opposition et d’avoir maintenu sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2020. Seul candidat face au président sortant, il avait recueilli moins de 2% des voix. En décembre 2020, il a été nommé ministre.

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Depuis que l’affaire est devenue publique, elle défraie la chronique sur les réseaux sociaux. Alors que les comptes de cyber-activistes proches du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir) ont lancé une campagne de dénigrement de la plaignante, elle est l’occasion pour le PDCI de s’en prendre à KKB et de régler ses comptes avec l’ancien patron de la jeunesse de la formation.