Économie

Tech : avec New Digital Africa, Ange Kacou Diagou trace son sillon

Tourné dès ses études vers l’informatique, le fils du fondateur de NSIA prend à 42 ans son indépendance en transformant NSIA Technologies en holding tech aux ambitions panafricaines.

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Mis à jour le 30 septembre 2021 à 18:25

Ange Kacou Diagou, PDG de New Digital Africa, affiche de grandes ambitions pour son groupe en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. © NSIA

L’informatique est un choix pragmatique qu’Ange Kacou Diagou a effectué très tôt, au Canada, lorsque la majorité de ses camarades de l’université du Québec ont opté par réflexe pour la finance ou le marketing. « Je me suis dit qu’il y aurait sûrement plus de postes dans ce secteur à mon retour en Afrique », confie-t-il à Jeune Afrique.

Pari réussi pour le cadet de la famille Kacou Diagou dont le parcours lui permet aujourd’hui de lancer New Digital Africa (NDA), un groupe de service informatique qui souhaite rayonner dans toute l’Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

Limite de croissance

À la différence du pater familias et de ses deux sœurs qui dirigent le groupe de bancassurance NSIA, Ange construit pendant quatre ans son « petit monde de la tech » en faisant ses classes au sein d’Etisalat au Bénin et en Côte d’Ivoire, puis chez Teyliom au Sénégal.

Rappelé dans le giron familial en 2009 pour mettre de l’ordre au sein du département projet de NSIA, il prend rapidement en main la transformation des systèmes d’information : « Nous avons mutualisé et modernisé les services, ce qui a amené à créer NSIA Technologies en 2012 », se souvient l’homme au phrasé tranquille.

Réunir les entrepreneurs africains isolés du secteur afin de former un groupe panafricain plus fort

Après deux ans exclusivement consacrés au groupe familial, l’objectif de la nouvelle entité est par la suite de transformer « ce qui était un centre de coût en un centre de profit », explique le dirigeant. NSIA Technologies finit par générer 40 % de son chiffre d’affaires avec des clients extérieurs en 2019. À mesure que cette part progresse, les équipes se confrontent aux difficultés d’aller plus loin. L’entité raccrochée au groupe financier – et qui porte son nom – freine le développement, de surcroît auprès des clients potentiels du secteur bancaire.

Une expansion voulue rapide

Émancipé de la marque et des actionnaires historiques de NSIA – dont le PDG ne communique pas l’identité –, NDA est désormais organisé sous forme de holding, comptant une dizaine de sociétés en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Bénin.

Diplômé en 2005 de l’École de technologie supérieure de l’université du Québec, Ange Kacou Diagou a pour ambition de « réunir les entrepreneurs africains isolés du secteur afin de former un groupe panafricain plus fort ». Objectif, s’implanter dans 14 marchés de l’Ouest et du centre. Prise de participation majoritaire – comme au Bénin, où l’entreprise contrôle FirstNet depuis cette année –, création de filiale ou autre type de partenariat, toutes les options sont sur la table pour une expansion la plus rapide possible.

Tripler le chiffre d’affaires

Sur le plan financier, les objectifs sont de tripler le chiffre d’affaires d’ici à 2025. Ce dernier est attendu pour 2021 à six milliards de F CFA, soit un peu plus de neuf millions d’euros, en croissance moyenne de 35 % si l’on en croit les chiffres communiqués par l’entreprise.

Axé sur les marchés continentaux – au contraire de groupes similaires comme le français Atos ou le marocain Intelcia dont les revenus sont principalement issus de prestations à des clients occidentaux –, NDA opère dans quatre métiers : les télécoms, la gestion de datacenter, les services liés au cloud et le conseil en transformation digitale. Son équipe de près de 110 personnes intervient dans des secteurs variés comme la banque, l’industrie ou le tourisme pour des entreprises de toute taille.