Société

Gabon : à GZES, Arise s’engage sur la neutralité carbone en Afrique subsaharienne

La zone économique spéciale du Gabon (GSEZ), dirigée par Arise IIP, a été certifiée neutre en carbone. Une étape importante pour décarboner le secteur manufacturier en Afrique.

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Mis à jour le 1 octobre 2021 à 09:55

Avec 35 000 employés et près de 120 entreprises revendiquées, la ZES a grandement participé à l’essor économique du Gabon. © Olamnet

« C’est une première en Afrique qui vient confirmer le fait que le Gabon est un leader dans la lutte contre le changement climatique. Rendez-vous à la COP26 », s’est réjoui le président gabonais Ali Bongo sur Twitter. Le 27 septembre, la zone économique spéciale du Gabon (GSEZ) a annoncé avoir reçu la certification ISO 14064-1 zéro carbone (par la société suisse SGS), une première pour une zone industrielle sur le continent, notent les acteurs du projet.

Lancée en 2011 sous la forme d’un partenariat public-privé entre l’État gabonais et Olam, groupe agroalimentaire international, et en partenariat avec le développeur de zone industrielle Arise IIP, la GSEZ est la première zone économique spéciale du pays. Avec 35 000 employés et près de 120 entreprises revendiquées, la ZES a participé à l’essor économique du Gabon qui se positionne désormais à la deuxième place mondiale pour la production de certains produits issus du bois tropical.

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Selon Arise, la nouvelle certification a été octroyée à la GSEZ en raison des efforts déployés pour réduire son empreinte environnementale, investir dans des solutions à faible émission carbone et monétiser les services et les actifs environnementaux.

Stratégie climat et biodiversité

L’obtention de cette certification s’inscrit également dans le cadre de la stratégie climat et biodiversité élaborée il y a un an par Arise. « À travers cette stratégie, Arise a fait une évaluation des émissions carbone par les différentes entreprises installées dans la ZES et par la zone elle-même. Ils se sont rendu compte que la zone était neutre en carbone, c’est-à-dire qu’il y a un équilibre entre les émissions et l’absorption de carbone grâce aux énergies renouvelables », explique une source proche du promoteur industriel.

La croissance alimentée par la décarbonation pourrait créer 3,8 millions d’emplois en trente ans

Arise veut également concentrer ses efforts sur « l’augmentation de l’utilisation du bois (qui est passée de 40 % à plus de 70 % et devrait atteindre 90 % d’ici à la fin de 2022) et des sources d’énergies renouvelables pour alimenter GSEZ en électricité décarbonée. Des solutions pour un transport faible en carbone sont également en cours d’évaluation », complètent GSEZ et ses promoteurs dans un texte publié le 27 septembre.

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Pour rappel, avant la création de la GSEZ, le Gabon exportait du bois en grumes. Mais, depuis 2010, le gouvernement a interdit son exportation afin de favoriser leur transformation au niveau local.

Opportunités commerciales

Au-delà des enjeux environnementaux, « il y a des opportunités commerciales à décarboner des zones industrielles. Les investissements dans les nouvelles technologies permettent de créer des emplois et des profits pour toutes les entreprises concernées », poursuit notre source auprès des promoteurs de GSEZ.

30 à 40 % des émissions carbone totales du continent sont émises par l’industrie manufacturière

En outre, selon un récent rapport publié par le cabinet de conseil McKinsey, la croissance alimentée par la décarbonation pourrait créer un gain net de 3,8 millions d’emplois sur le continent au cours des trente prochaines années. Cela représente toutefois un investissement de 2 000 milliards de dollars. Six cent milliards seraient nécessaires pour décarboner les industries manufacturières existantes et les réseaux électriques, et les 1 400 restants pour créer de nouvelles entreprises à faibles émissions.

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Investissements nécessaires pour atteindre la neutralité carbone

Investissements nécessaires pour atteindre la neutralité carbone

Limiter l’impact environnemental

Aujourd’hui, selon McKinsey, 30 à 40 % des émissions carbones totales du continent sont émises par l’industrie manufacturière. Ainsi, Arise compte reproduire le modèle de neutralité carbone pour toutes les zones industrielles qu’elle exploite. Pour rappel, Arise à inauguré la plateforme industrielle d’Adetikope au Togo en juin. La plateforme de Glo-Djigbé au Bénin devrait, quant à elle, être inaugurée en fin d’année.

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À quelques semaines de la COP26, les sociétés multiplient les initiatives en faveur du climat. Le 15 septembre dernier, le terminal 3 du port de Tema au Ghana, exploitée par Meridiam Port Services – filiale de Bolloré – a obtenu le label « Green Terminal certifié » par le spécialiste Bureau Veritas.