Politique

Centrafrique-ONU : l’agenda parallèle de Faustin-Archange Touadéra

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Mis à jour le 24 septembre 2021 à 13:14

Faustin Archange Touadéra et António Guterres, le 22 septembre à New York. © Eskinder Debebe/UN Photo

À New York, le président centrafricain a multiplié les entretiens en marge de l’Assemblée générale de l’ONU pour faire avancer ses propres dossiers.

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra (FAT) a rencontré le 22 septembre à New York le Portugais António Gutteres, secrétaire général des Nations unies, en marge de la session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU. Comme il l’avait fait récemment dans une interview accordée à Jeune Afrique, FAT a notamment plaidé pour une levée de l’embargo onusien sur les armes qui s’applique aujourd’hui à son pays.

Selon nos sources, les deux hommes ont surtout évoqué, à l’initiative du diplomate portugais, la crise de confiance qui sévit actuellement entre la mission de l’ONU en Centrafrique (la Minusca dirigée par le Sénégalais Mankeur Ndiaye) et Bangui. Le secrétaire général s’est notamment inquiété d’une série de manifestations hostiles aux Casques bleus ayant eu lieu dans la capitale ces derniers mois.

Mécontentement

La Minusca a également été au cœur d’un entretien entre la ministre des Affaires étrangères centrafricaine, Sylvie Baïpo-Teimon, et son homologue gabonais, Pacôme Moubelet-Boubeya. Toujours selon nos informations, les gouvernements centrafricain et gabonais ont vu d’un mauvais œil la décision de l’ONU, qu’ils jugent unilatérale, d’ordonner le retrait des Casques bleus gabonais de Centrafrique.

Si les Nations unies ont évoqué des allégations d’abus sexuels, Bangui, qui apprécie peu de ne pas avoir été consulté dans ce dossier, affirme qu’aucune plainte n’a été déposée, ni par des victimes présumées, ni par le gouvernement centrafricain. Ce dernier a en revanche alerté New York sur des soupçons d’« accointances » entre certains contingents onusiens et des groupes armés locaux. Alerte à laquelle aucune réponse n’a été donnée, selon une source diplomatique.

Accords de paix

À l’ONU, Faustin-Archange Touadéra s’est également entretenu avec le président de la Banque mondiale, l’Américain David Malpass, ainsi qu’avec une délégation de la sous-secrétaire aux affaires politiques des États-Unis, Victoria Nuland. Enfin, il a rencontré l’ambassadeur du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, par ailleurs président de la Configuration de la République centrafricaine de la Commission de consolidation de la paix.

Les deux hommes ont échangé au sujet de la mise en œuvre de l’accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine signé en 2019 avec quatorze groupes armés. Le chef de l’État centrafricain plaide, au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), pour une relance de ces accords de paix.