Politique

Algérie : en Kabylie, la mémoire des harkis reste vivace

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Par - à Taddart
Mis à jour le 24 septembre 2021 à 13:25

Printemps 1960, des harkis assistent à une fête religieuse à Ain Terzine, dans le sud de la Kabylie, aux portes du désert. © Marc Garanger / Aurimages via AFP

Le 20 septembre, le président français Emmanuel Macron a présenté des excuses aux harkis, reconnaissant que Paris les avait abandonnés en 1962. En Kabylie, le petit village de Taddart garde la mémoire de cet épisode sanglant de l’histoire algérienne. 

Printemps 1962, Taddart, un petit village perché sur une montagne comme il y en a des centaines en Kabylie. Le cessez-le-feu a été proclamé, mettant fin à sept longues années d’une guerre sans merci dont personne n’est sorti indemne.

Le dernier soldat de l’armée française vient de lever le camp, un baraquement hérissé de guérites et entouré de barbelés, installé sur une colline dominant Taddart et ses alentours. C’est depuis ce point culminant que le village a été bombardé un jour de l’année 1958 pour venger la mort d’un capitaine français exécuté par un jeune maquisard.

La guerre est finie et l’armée française plie armes et bagages, laissant sur place les dizaines de harkis et de supplétifs musulmans qui la servaient loyalement depuis le déclenchement de la révolution en novembre 1954. À Taddart, ceux qui ont alors les moyens de traverser la mer se comptent sur les doigts d’une main. Comme Akli, la plupart restent.

Harki, il s’était comporté comme un caïd arrogant ayant droit de vie et de mort sur ses coreligionnaires. Akli a porté des armes qu’il a souvent dirigées contre les gens de son village. En premier lieu, ceux qui ont pris le maquis.