Politique

Centrafrique : comment Sant’Egidio prépare le futur dialogue national

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Mis à jour le 23 septembre 2021 à 20:35

Martin Ziguélé et Anicet-Georges Dologuélé © DR

Régulièrement engagée dans les médiations en Afrique, la communauté catholique s’implique dans le futur dialogue national centrafricain. Rendez-vous est donné à Rome à la fin du mois de septembre.

Selon nos informations, Sant’Egidio a invité de nombreux acteurs politiques à participer, les 28 et 29 septembre à Rome, à des discussions au sujet de la crise frappant depuis décembre dernier la Centrafrique. Ces concertations, pour le moment informelles, auront pour but de faciliter la tenue – avant la fin de l’année – d’un dialogue national à Bangui, auquel nombre d’opposants hésitent toujours à participer.

Une vingtaine de personnalités de l’opposition et de la société civile ont prévu de se rendre en Italie, en majorité depuis Bangui et aux frais de la communauté catholique. Les anciens Premiers ministres Martin Ziguélé, Anicet-Georges Dologuélé, Nicolas Tiangaye et Mahamat Kamoun seront du voyage.

L’ombre de Bozizé

L’ancien ministre des Affaires étrangères Charles Armel Doubane, l’ex-présidente de la transition Catherine Samba-Panza ou l’ex-ministre de l’Équipement et candidat à la dernière présidentielle Crépin Mboli-Goumba figurent également sur la liste des participants. Selon nos informations, l’opposant Christian Guénébem a également été invité. Résidant actuellement en France, ce proche de François Bozizé occupe la tête du Kwa na Kwa (KNK, fondé par Bozizé) depuis que l’ancien président a pris la tête de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), l’alliance de groupes rebelles qui a attaqué Bangui en décembre 2020.

Ces médiations sont gérées par Mauro Garofalo, le responsable des relations internationales de Sant’Egidio. Ce dernier est conseillé par son point focal à Bangui, le représentant des communautés musulmanes centrafricaines Ibrahim Hassan Frédé.

Indépendamment de la personne de Bozizé, la participation du KNK au futur dialogue sera un des sujets importants des concertations romaines. Depuis la décision de l’ancien président de reprendre les armes au côté – puis à la tête – de la CPC, une partie du KNK plaide pour la rupture avec son fondateur et l’implication politique du parti dans la crise.

Selon nos sources, la ministre centrafricaine des Affaires étrangères, Sylvie Baïpo Teimon, doit quant à elle effectuer une visite à Rome le 8 octobre, cette fois à l’invitation du gouvernement italien. Cette dernière aura auparavant participé à New York, au côté du président Faustin-Archange Touadéra, à la 76e session de l’Assemblée générale des Nations unies – laquelle prendra fin le 27 septembre.