Économie

Afrique subsaharienne : existe-t-il un marché pour les « constructions durables » ?

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Mis à jour le 24 septembre 2021 à 15:11

Construire durablement signifie prendre en compte trois dimensions essentielles : une dimension humaine, puisque le bâtiment doit garantir le confort des utilisateurs ; une dimension environnementale, qui privilégie l’usage de matériaux naturels et renouvelables. Enfin, une dimension énergétique, c’est-à-dire la réduction de la consommation d’énergie. © Eiffage

Résistance aux changements climatiques, optimisation énergétique, amélioration des conditions de vie… Le secteur de la construction multiplie les projets « durables » sur le continent africain, mais leur coût élevé demeure un obstacle. Tour d’horizon.

Les chiffres du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) publié le 9 août sont inquiétants : le réchauffement climatique pourrait atteindre le seuil de +1,5 °C autour de 2030. Plus encore, en 2100, le niveau de la mer aura augmenté de 69 cm à Dakar et de 79 cm à Takoradi (Ghana).

Face à ces défis climatiques – en particulier les inondations et la sécheresse –, le secteur de la construction en Afrique doit s’adapter. Construire durablement signifie prendre en compte trois dimensions essentielles : « Une dimension humaine, puisque le bâtiment doit garantir le confort des utilisateurs ; une dimension environnementale, qui privilégie l’usage de matériaux naturels et renouvelables. Enfin, une dimension énergétique, c’est-à-dire la réduction de la consommation d’énergie », détaille à Jeune Afrique Missira Keita, directrice qualité et développement durable d’Eiffage Sénégal.

Pour lutter contre la chaleur, il faut privilégier la végétalisation

Concrètement, pour construire durablement, plusieurs procédés peuvent être utilisés : des briques à base d’argile plutôt que des parpaings, de la paille pour mieux isoler les constructions – et lutter contre l’entrée de chaleur – ou encore la mise en place de végétalisation « Je crois beaucoup aux toitures végétales. Cela amène une fraîcheur sans aucun coût supplémentaire à l’utilisation », conseille Frédéric Flacassier, directeur Tchad et Centrafrique de Razel Bec.  « Pour cela, il faut construire en béton armé, ce qui est plus cher et plus complexe. Cette solution nécessite d’entretenir la végétation avec un système de goutte-à-goutte mais c’est formidable », explique-t-il.