Politique

Transition au Mali, groupe Wagner… quand Macron partage ses craintes avec les présidents africains

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Mis à jour le 16 septembre 2021 à 16:57

Le président français, Emmanuel Macron, lors d’une visioconférence avec les cinq chefs d’Etat des pays membres du G5 Sahel. © Dominique Jacovides/POOL/REA

Alassane Ouattara, Macky Sall, Umaro Sissoco Embaló… Ces derniers jours, le président français a multiplié les appels avec ses homologues au sujet de la situation à Bamako et du potentiel contrat avec Wagner.

Selon nos informations, Emmanuel Macron s’est récemment entretenu avec Mohamed Bazoum, Alassane Ouattara, Macky Sall, Umaro Sissoco Embaló ou encore Nana Akufo-Addo, le président en exercice de la Cedeao.

Depuis la dernière mission de l’organisation sous-régionale à Bamako, début septembre, les chefs d’État de la région ne cachent plus leurs inquiétudes sur la situation au Mali et les intentions présumées d’Assimi Goïta de rester au pouvoir.

Pression sur Goïta

Le président de la transition et son Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, ont en effet expliqué à Goodluck Jonathan, le médiateur de la Cedeao, que les élections présidentielles et législatives, censées se tenir en février 2022, n’étaient « pas leur priorité ».

Plusieurs présidents ouest-africains essaient donc d’infléchir la position du colonel malien, pour l’instant imperméable à toute pression. Parmi eux, Faure Essozimna Gnassingbé – via, notamment, son ministre des Affaires étrangères Robert Dussey, membre de la délégation de la Cedeao à Bamako – mais aussi Umaro Sissoco Embaló, qui s’entretient régulièrement au téléphone avec Goïta.

Le « préoccupant » contrat avec Wagner

Lors de ses récents échanges avec ses homologues, Emmanuel Macron a aussi évoqué les négociations en cours entre les autorités maliennes et la société russe Wagner, qualifiées d’incompatibles avec l’engagement militaire français au Sahel par sa ministre des Armées, Florence Parly, et son chef de la diplomatie, Jean-Yves Le Drian. Il a rappelé à ses partenaires l’influence grandissante des mercenaires russes en Centrafrique et les a mis en garde sur leur possible arrivée au Mali.

L’éventuelle entente entre Bamako et Wagner est d’autant plus redoutée par Paris qu’elle est d’abord perçue comme un moyen pour la junte malienne de servir son propre agenda. « Goïta veut rester au pouvoir. Et Wagner est un instrument qui peut lui permettre d’atteindre son objectif », explique une source élyséenne, selon laquelle la Cedeao a maintenant un rôle décisif à jouer pour faire pression sur les autorités de transition maliennes.

Les présidents africains, qui partagent la préoccupation d’Emmanuel Macron sur ce dossier, s’emploient d’ores et déjà à dissuader Goïta et son ministre de la Défense, Sadio Camara, de signer un tel contrat. De nouvelles décisions pourraient être prises ce 16 septembre, à Accra, en marge du sommet extraordinaire des chefs d’État de l’organisation ouest-africaine consacré à la Guinée.