Société

Cameroun : Serge Betsen, rugbyman engagé

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Mis à jour le 2 octobre 2021 à 09:54

Serge Betsen lors d’un entraînement de rugby au centre de Bamako, au Mali. Le 16 juin 2021. © Nicolas Remene/Le Pictorium

L’ancien international français, né au Cameroun, a inauguré en 2004 une académie de rugby dans son pays d’origine, devenue aujourd’hui l’un des projets « incubés » par la plateforme panafricaine Sport en commun.

Au temps de sa splendeur, on l’appelait La Faucheuse, Le Sécateur ou L‘Équarrisseur biarrot. Serge Betsen, aujourd’hui âgé de 47­ ans, n’était pourtant pas que la brute épaisse que ces surnoms laissent supposer. Pendant sa carrière, au Biarritz Olympique Pays basque d’abord (1994-2008), puis aux London Wasps ensuite (2008-2012), le troisième ligne international  – il compte 63 sélections en équipe de France –, a été considéré comme l’un des meilleurs plaqueurs-défenseurs du monde.

Né en 1974 à Kumba, dans le sud-ouest anglophone du Cameroun, c’est en France, où il rejoint sa mère à l’âge de 9 ans, que Serge Betsen a découvert le rugby trois ans plus tard, au CS Clichy. Son déménagement au Pays basque lui permet d’intégrer le prestigieux Biarritz Olympique et de gagner trois titres de champion de France en 2002, 2005 et 2006 sous le célèbre maillot rouge et blanc. À la même époque, le troisième ligne rejoint l’équipe de France entre 1997 et 2007, avec laquelle il remporte trois tournois des Six Nations, en 2001, 2004 et 2007.

Faire du sport un vecteur de développement en Afrique

Mais Serge Betsen n’a pas attendu la fin de sa carrière pour imaginer sa seconde vie. Déjà conférencier en entreprise, consultant pour SFR Sport et membre du l’équipe technique du club de Rouen, il avait créé en 2004, alors qu’il était encore joueur, la Serge Betsen Academy.

Largement implantés au Cameroun (deux centres à Yaoundé, un à Bafia, à Zoetélé et à Bangangté), plus modestement au Mali (Bamako), ces centres n’ont pas tant vocation à former des joueuses et des joueurs – près de la moitié des 7 000 « académiciens » recensés depuis 2004 sont des filles – qu’à leur transmettre des valeurs et à leur assurer un accompagnement social.

Ainsi, l’académie leur apporte un cadre en matière d’éducation, grâce à des cours de soutien scolaire, à l’accès à une bibliothèque ou à des salles informatiques, et de santé, avec l’ouverture d’infirmeries et le lancement de différentes campagnes d’information. La Serge Betsen Academy est aujourd’hui devenue un des projets « incubés » par la plateforme numérique panafricaine Sport en commun, lancée en 2020 et soutenue financièrement par l’Agence française de développement (AFD), pour faire du sport un vecteur de développement en Afrique.