Société

Tunisie : Sarah Toumi, en vert et contre tous

Mis à jour le 18 octobre 2021 à 16:31

La Franco-Tunisienne Sarah Toumi, 34 ans, veut privilégier l’agriculture biologique. © Getty Images

La chantre de l’économie sociale et solidaire veut imposer une prise de conscience écologique en Tunisie.

En 2012, Sarah Toumi était partie bille en tête. Elle venait alors de lancer le projet Acacias for All pour lutter contre la désertification et la précarité des populations locales, dont celle des femmes. Ce projet d’entrepreneuriat social, jugé à la fois novateur et inclusif, avait attiré l’attention et fait de sa créatrice un exemple d’engagement au féminin. En 2016, la Franco-Tunisienne est l’une des lauréates du prix Rolex 2016 qui récompense l’esprit d’entreprise, avant d’être nommée l’année suivante par le président Emmanuel Macron au Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA).

Pression du clan

Aujourd’hui âgée de 34 ans, Sarah Toumi n’a pas changé de braquet, mais elle a revu et redimensionné son projet qui prévoyait à l’origine de planter plusieurs millions d’arbres pour protéger les terres arables de son pays. Face à un milieu rural aussi conservateur que patriarcal, elle avait vu trop vite et trop grand.

Elle vient de développer une plateforme pour numériser son modèle

Plus question d’œuvrer dans le fief familial de Bir Salah, dans le centre de la Tunisie, où la pression du clan a porté un mauvais coup à l’avancée du projet.

Elle choisit de s’implanter à Zaghouan au nord, à Sfax au centre et à Douz dans le sud. En plus de proposer à grande échelle des solutions différentes comme la plantation de Moringa qui produit à la fois de l’huile et de la gomme arabique, elle veut privilégier l’agriculture biologique, mutualiser l’utilisation des intrants, intégrer les agriculteurs dans une économie sociale et solidaire.

Elle vient de développer une plateforme pour numériser son modèle et ainsi améliorer la traçabilité de ses projets afin de mieux pouvoir les dupliquer.

Plus que jamais, celle qui se décrit comme « une exploratrice d’un monde en mutation » croit en la révolution verte qu’elle veut lancer en Tunisie et au-delà.