Politique

Tunisie : Kaïs Saïed évoque une réforme de la Constitution

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Mis à jour le 12 septembre 2021 à 11:57

Le nouveau président tunisien Kaïs Saïed prêtant serment sur le Coran, mercredi 23 octobre 2019 à Tunis (image d’illustration).

Lors d’un bain de foule nocturne à Tunis, le président Kaïs Saïed a annoncé samedi soir la nomination « dans les plus brefs délais » d’un nouveau gouvernement et évoqué une réforme à venir de la Constitution.

Un nouveau gouvernement sera « formé dans les plus brefs délais » après « sélection des personnalités les plus intègres », a indiqué Kaïs Saïed aux télévisions Wataniya et Sky News Arabia, s’arrêtant devant les micros des deux chaînes pour répondre à quelques questions après avoir déambulé, sous bonne garde, sur l’avenue Bourguiba.

« Amender la Constitution »

Le chef de l’État n’a pas donné de date précise pour la formation du gouvernement, ajoutant : « nous continuons la recherche des personnalités qui vont assumer cette responsabilité ». Kaïs Saïed a aussi évoqué la Constitution de 2014, affirmant qu’il la « respecte mais que l’on peut introduire des amendements au texte ».

Selon lui, « le peuple tunisien a rejeté la Constitution » et « les Constitutions ne sont pas éternelles ». Il faut donc, à ses yeux, « amender en respectant la Constitution », en gardant à l’esprit que « la souveraineté appartient au peuple ».

Craintes d’une « dérive autoritaire »

Ces derniers jours, de nombreux médias ont spéculé sur l’annonce prochaine d’un gouvernement provisoire suivie d’une révision de la Constitution devant ensuite être soumise au suffrage universel via un référendum, avant de nouvelles élections législatives. Le 25 juillet, Kaïs Saïed a limogé le Premier ministre, suspendu les activités du Parlement et s’est arrogé aussi le pouvoir judiciaire, pour un mois renouvelable avant de prolonger ces mesures le 24 août, « jusqu’à nouvel ordre ».

Théoricien du droit et enseignant, Kaïs Saïed se présente depuis son élection surprise à une ample majorité fin 2019 comme l’interprète ultime de la Constitution. Il s’est appuyé sur son article 80 qui envisage des mesures exceptionnelles en cas de « péril imminent » à la sécurité nationale, pour justifier les décisions prises il y a plus d’un mois et demi.

Nombre de Tunisiens les ont accueillies avec enthousiasme : exaspérés par leur classe politique, ils attendent des actes forts contre la corruption et l’impunité dans un pays en graves difficultés sociales et économiques. Mais opposants, partis politiques, magistrats et avocats craignent une « dérive autoritaire ».

Avec AFP