Politique

RDC : ce que Moïse Katumbi et Mike Hammer se sont dit

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Mis à jour le 10 septembre 2021 à 17:13

Mike Hammer et Moïse Katumbi, le 9 septembre à Kashobwe. © Africa presse

Le 9 septembre, l’ambassadeur des États-Unis, influent soutien de l’administration Tshisekedi, s’est entretenu avec l’homme d’affaires, qui est aussi l’un des piliers de l’Union sacrée. Élections de 2023, loi Tshiani… Voici les sujets abordés lors de cet entretien très politique.

À Kashobwe, le village natal de Moïse Katumbi où il a été reçu, l’omniprésent Mike Hammer, le plus médiatique des ambassadeurs accrédités à Kinshasa, a tenu à faire le point sur plusieurs sujets. Selon nos informations, il a insisté auprès de l’ancien gouverneur du Katanga sur l’engagement des États-Unis à obtenir l’organisation d’élections libres, démocratiques et transparentes, dans les délais prévus par la Constitution, en 2023. Ce scrutin devra être inclusif et « meilleur » qu’en 2018, a-t-il insisté.

Ligne rouge

Pour rappel, après avoir souligné des « inquiétudes légitimes » à propos de la transparence du processus électoral de décembre 2018, les États-Unis s’étaient, dès l’investiture de Félix Tshisekedi, mobilisés aux côtés du président congolais.

L’ambassadeur américain n’est pas le seul à soutenir cette position. Au cours des dernières semaines, plusieurs chancelleries occidentales, mais aussi la Monusco, dirigée par la Guinéenne Bintou Keïta – laquelle s’est exprimée en juillet devant le Conseil de sécurité de l’ONU –, ont appelé à respecter les délais et à organiser des élections crédibles et indépendantes.

Ensuite, Mike Hammer a également fait connaître à son hôte la position de Washington sur la proposition de loi Tshiani, qui veut consacrer l’accès à plusieurs postes de souveraineté, dont la présidence de la République, aux seuls Congolais nés de père et de mère congolais. Selon lui, il s’agit d’une « ligne rouge ». Le diplomate s’aligne ainsi sur la position défendue par d’autres acteurs politiques, dont Moïse Katumbi lui-même.

Moïse Katumbi sollicite activement son réseau outre-Atlantique

Estimant que son leader était directement visé par cette proposition de loi déposée au Parlement le 8 juillet, le parti de l’ex-gouverneur du Katanga a déjà fait savoir que l’examen d’un tel projet à l’Assemblée nationale entraînerait son départ de la coalition au pouvoir. Des propos confirmés en août par Moïse Katumbi lors d’une interview accordée à Jeune Afrique. Si ce fils d’un Grec originaire de l’île de Rhodes souhaitait se présenter lors de la prochaine élection présidentielle (il n’a pas encore dévoilé ses intentions), le vote de la loi Tshiani l’en empêcherait.

Ces derniers mois, Moïse Katumbi, qui bénéficie de relais dans l’administration américaine, sollicite activement son réseau outre-Atlantique en amont du scrutin de 2023. Désireux de se rapprocher de l’administration du président américain Joe Biden, il a signé plusieurs contrats de lobbying en juin et en juillet.