Culture

Côte d’Ivoire : « Le Femua relancera les activités culturelles du pays »

Mis à jour le 9 septembre 2021 à 16:59

A’Salfo, le chanteur du groupe Magic System, lors de l’ouverture du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua) à Abidjan le 12 avril 2013.

Après une annulation et un report pour cause de pandémie mondiale, la 13e édition du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo lancé par A’Salfo bat son plein à Abidjan, et ce, jusqu’au 12 septembre.

Hors de question d’annuler cette édition. Il aura fallu un mois à l’équipe du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua) pour revoir la programmation et mettre sur pied ce 13e millésime.

Cinq mois après son report en avril 2021, les constructions gonflables peuvent enfin flotter sur le terrain de l’Institut de la jeunesse et des sports du petit village d’Anoumabo situé dans la commune de Marcory, là où A’Salfo, commissaire général de l’événement et leader de Magic System, a grandi.

Répercussions sur les populations

Pensés en marge des concerts, les volets « kids » et jeunesse font partie des rendez-vous phares de cet événement qui se veut avant tout social. « On a mis les bouchées doubles pour que le Femua ait des répercussions sur les populations », glisse Salif Traoré, de son vrai nom.

L’un des plus grands rassemblements du genre en Afrique de l’Ouest

Cette année, deux écoles ont pu être offertes à l’État avec le soutien de l’Union Européenne et de l’Office National de la Population (ONP). Un projet d’une enveloppe estimée entre 80 000 et 100 000 euros pour chaque établissement, qui pourront accueillir les élèves dès la rentrée 2022 dans les communes de Vavoua et de Tanda situées au nord d’Abidjan. Les premières pierres sont posées. Les festivités peuvent commencer.

Réunissant quelque 100 000 visiteurs chaque année, le festival est l’un des plus grands rassemblements du genre en Afrique de l’Ouest. Malgré la pandémie mondiale, le public est bel et bien au rendez-vous. L’occasion pour son initiateur de sensibiliser les festivaliers. Aux côtés des stands de Bocks brassées localement vient se loger un pavillon de vaccination. « La réticence envers le Covid-19 est très grande en Côte d’Ivoire, surtout auprès des jeunes », regrette A’Salfo.

Séduire les plus jeunes par le sport

Prouver que la culture peut vivre malgré le contexte sanitaire, c’est l’un des objectifs que s’est fixé la star du zouglou, qui le soutient : « le Femua relancera les activités culturelles du pays ». C’est aussi via le volet sportif que la manifestation a su séduire les plus jeunes. Les gamins des environs ont repris leur année scolaire. Et frappent le ballon sur le terrain de l’INJS en attendant que les concerts commencent.

Voir un Koffi Olomidé qui a trente ans de carrière jouer aux côtés d’un jeune qui n’a même pas encore sorti un album

« Le sport comme la musique sont des facteurs de rapprochement », observe celui qui est aussi président de la Fondation Magic System. « Cet événement est rassembleur, observe Mory Touré, promoteur de la web-radio Afrika qui répond chaque année présent au festival depuis sa création en 2008. Il a été monté au moment où la Côte d’Ivoire sortait de la crise. Le temps d’un événement, les velléités socio-économiques disparaissent. »

Mélange des genres

Les musiques urbaines se mêlent aux sonorités traditionnelles, la nouvelle génération côtoie des artistes installés qui n’ont plus à faire leurs preuves… La programmation se veut, elle aussi, sans cloison. « Je suis vraiment heureux de faire mon premier Femua, de jouer en live aux côtés des plus grands », confie Ariel Sheney, ex-poulain de feu DJ Arafat, la veille de son concert. « Le Femua, c’est voir un Koffi Olomidé qui a trente ans de carrière jouer aux côtés d’un jeune qui n’a même pas encore sorti un album », résume Mory Touré.

Au total, 13 pays sont représentés cette année, avec le Sénégal en invité d’honneur. « Renforcer les liens entre les pays frères est devenu notre ambition », martèle A’Salfo. Mais aussi ceux avec l’Europe. Aux côtés des stars locales et du continent venues du Sénégal comme Pape Diouf, l’Espagne et le Portugal défendront aussi leurs couleurs sur la grande scène. Preuve que les frontières sont bel et bien ouvertes.