Politique

Anicet-Georges Dologuélé : « Le jour où Bozizé a offert un second mandat à Touadéra »

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Mis à jour le 14 octobre 2021 à 10:19

L’ancien Premier ministre centrafricain Anicet-Georges Dologuélé, à Paris, le 12 septembre 2016. © Vincent Fournier/JA

En 2020, l’ancien Premier ministre centrafricain pensait pouvoir compter sur le soutien du chef de l’État déchu. Mais, à peine scellé, leur pacte volait en éclats, comme le raconte celui qui s’est senti floué.

« Ce que je retiens, c’est surtout une immense déception. À l’occasion du scrutin présidentiel de 2015-2016 déjà, j’avais sollicité le soutien du Kwa Na Kwa (KNK), la formation de François Bozizé. Le parti me l’avait accordé, mais pas Bozizé en personne, qui avait choisi de soutenir Faustin-Archange Touadéra. Or il était très populaire et son soutien comptait davantage que celui du KNK. À la présidentielle suivante, en 2020, tout le monde a donc voulu se rapprocher de lui.

Bien sûr, Bozizé a d’abord essayé de mettre la coalition de l’opposition à son service, créant de ce fait une compétition feutrée entre lui et moi. Puis sa candidature a été invalidée par la Cour constitutionnelle, ce à quoi nous nous attendions tous. Restait alors à savoir qui il allait soutenir.

« Mon portrait-robot »

Là, il a annoncé qu’il était favorable à une candidature unique de l’opposition, incarnée par un leader qui disposerait déjà d’un électorat. En dehors de lui, cela ne pouvait s’appliquer qu’à moi. C’était mon portrait-robot. Les autres ayant décidé d’y aller seuls, Bozizé m’a donc appelé pour que l’on se rencontre chez lui, à Bossangoa.

Le rendez-vous a eu lieu le 16 décembre. Comme je voulais faire l’aller-retour dans la journée, nous sommes partis très tôt de Bangui en voiture. Christian Guénébem, le directeur de campagne et l’un des principaux lieutenants de Bozizé, ouvrait la route, sous les couleurs du KNK. Mon convoi suivait, avec mes affiches de campagne.​

Sur place, nous avons attendu Bozizé deux heures durant, sans savoir pourquoi. L’entretien a duré moins de trente minutes. Il m’a dit : « Il y a cinq ans, je ne vous avais pas soutenu comme il se devait et je m’en mords les doigts. Aujourd’hui, vous faites preuve de constance en sollicitant à nouveau le soutien du KNK. Vous l’avez, ainsi que le mien. »

« Un gigantesque gâchis »