Économie

Guinée : quels leviers économiques peut utiliser la Cedeao ?

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Mis à jour le 9 septembre 2021 à 10:38

Nana Akufo-Addo, président du Ghana, à la 108e session (centenaire) de la Conférence internationale du travail. Genève, le 10 juin 2019.

Sans recourir à « l’option nucléaire » d’une intervention armée, les voisins ouest-africains de la Guinée disposent d’un lourd arsenal de sanctions et d’outils de pression économique contre le nouveau régime. Revue des moyens.

Mis à jour le 09/09/2021, suite à la publication du communiqué de la Cedeao.

À la demande de leur homologue ghanéen, Nana Akufo-Addo, président en exercice de l’autorité de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, les chefs d’États de la Cedeao participent à une réunion extraordinaire virtuelle ce 8 septembre. Objectif : décider des mesures à appliquer à la suite du coup de force du 5 septembre en Guinée, que l’institution avait condamné « avec la plus grande fermeté », exigeant « le retour à l’ordre constitutionnel sous peine de sanctions ».

À l’issue de cette rencontre, le bloc régional a suspendu la Guinée de toutes les instances de la Cedeao « avec effet immédiat ». L’institution régionale va également « envoyer immédiatement une mission de haut niveau en Guinée pour évaluer la situation » et s’engage à « réexaminer la situation à la lumière des développements en république de Guinée et du rapport de la mission d’évaluation ».

Dans son discours d’introduction, le président ghanéen a dénoncé « l’incident malheureux et regrettable qui s’est produit en Guinée [qui représente] une violation flagrante de notre charte commune de bonne gouvernance dans la région de la Cedeao ».

Les textes de la Cedeao autorisent une intervention armée pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel et démocratique, notamment en vertu du « Protocole relatif au Mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité », signé à Abuja en décembre 1999. La Cedeao a eu recours à ces pouvoirs en janvier 2017, lorsque près de 7 000 hommes des forces armées du Sénégal, du Ghana et du Nigeria ont été déployés en Gambie pour contraindre l’ex-président Yahyah Jammeh à céder le pouvoir après une élection perdue.

Sanctions individuelles et collectives