Politique

Maroc – Fatima-Zahra Mansouri : « Le PAM est une absolue nécessité pour que le Maroc aille de l’avant »

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 7 septembre 2021 à 12:52

Fatima-Zahra Mansouri, présidente du Conseil national du PAM et tête de liste à Marrakech. © PH.JANNAT

Après Nizar Baraka (Istiqlal), Aziz Akhannouch (RNI), Saadeddine El Othmani (PJD) et Driss Lachgar (USFP), JA donne la parole à la présidente du Conseil national du Parti Authenticité et Modernité (PAM), Fatima-Zahra Mansouri, à la veille des élections générales du 8 septembre.

Certains voient en elle « la conscience du PAM ». D’autres, sa « dame de fer ». Elle se décrit comme « une militante engagée » au service de sa formation, de son pays et de Marrakech, sa ville natale.

À 45 ans seulement, Fatima-Zahra Mansouri fait l’unanimité au sein du parti du tracteur, qui ambitionne de remporter les prochaines élections législatives. Présidente de son Conseil national, l’avocate et ancienne maire de Marrakech souhaite contribuer au sacre de sa formation en se représentant dans la ville ocre, avec l’ambition de « déployer au plus vite un plan de relance » pour la capitale touristique du royaume, fragilisée par la crise du Covid-19. Entretien avec l’une des rares femmes têtes de liste pour le scrutin législatif.

Jeune Afrique : Pour certains, vous êtes la conscience du PAM. Pour d’autres, sa dame de fer. Comment vous décrivez-vous au sein du PAM, au-delà de votre statut de présidente du Conseil national du parti ?

Fatima-Zahra Mansouri : Je suis d’abord une militante engagée au service de son parti, de son pays et bien évidemment de Marrakech. Le PAM porte avant tout un projet de société dont je suis profondément fière et auquel je crois. C’est cette conviction profonde qui m’anime dans l’exercice de mes fonctions de présidente du Conseil national.

Me décrire est un exercice difficile mais beaucoup me confèrent, comme vous l’avez souligné, le statut de « conscience du PAM ». C’est un rôle que j’endosse avec fierté. La conscience est ce qu’on demande aujourd’hui au politique, ce que les Marocains attendent, au même titre que nos militantes et nos militants.

« Dame de fer » est un qualificatif qui me va aussi s’il renvoie à mon côté « déterminé ». Lorsqu’il s’agit de défendre des causes, des idées, une conviction profonde, oui, je le fais avec fermeté.

Outre ma fonction de présidente du Conseil national du PAM et élue de Marrakech, je suis également une fervente partisane d’un renouveau politique, lequel ne peut s’opérer qu’à travers les jeunes qui font aujourd’hui le Maroc de demain. C’est un engagement à la fois politique et citoyen.

Vous êtes candidate du PAM à Marrakech, votre ville natale, que vous avez dirigée par le passé. Pourquoi était-ce important à vos yeux de vous y représenter ?

Marrakech traverse une crise particulièrement aiguë. Elle en a traversé d’autres par le passé, mais celle engendrée par l’impact de la crise sanitaire avec la perte de milliers d’emplois a profondément fragilisé les Marrakchis.

Sortir mes concitoyens de cette situation catastrophique est ce qui m’anime aujourd’hui. Ce désastre est certes lié aux conséquences de la pandémie sur l’économie locale, mais il est aussi dû à l’incurie et à la passivité de l’équipe communale actuelle.

Je n’ai qu’un seul mot d’ordre : déployer au pus vite un plan de relance pour Marrakech.

Je vous avouerai que je n’ai pas hésité une seconde à me lancer dans cette bataille alors que ma ville et ses habitants sont au bord de la faillite. Je n’ai qu’un seul mot d’ordre : déployer au plus vite un plan de relance pour Marrakech.

Je n’ai jamais abandonné Marrakech et ses habitants. Ils le savent. Je suis restée présente, à leurs côtés, ces six dernières années, et je continuerai à l’être.

Quelles sont vos ambitions et vos chances pour ce scrutin ?

Je n’ai pas pour habitude de faire des prévisions à l’emporte-pièce comme certains. Je suis sereine et confiante en nos institutions, même si nous serons très vigilants sur la bonne tenue du scrutin.

Ma seule ambition est de réunir toutes les compétences au sein de ma future équipe pour créer les conditions d’une relance économique, sociale et culturelle de Marrakech. Tous les candidats PAM de ma liste sont des femmes, des hommes et des jeunes compétences marakchies dévoués corps et âme à leur ville.

Vous êtes l’une des rares femmes à diriger une liste non réservée aux femmes par le nouveau code électoral. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Le PAM peut s’enorgueillir de donner une place de plus en plus importante aux femmes au sein de ses instances comme sur ses ses listes. Nous présentons pour ce scrutin cinq femmes têtes de listes à Guezliz (Marrakech), Rak médina (Marrakech), Essaouira, Fès et Oujda.

Cela ne va pas soi car il faut convaincre et former des cadres à même de représenter les citoyens. Il ne suffit pas d’être une femme pour faire un bon élu.

Ce travail, nous l’avons déjà entamé au sein de notre parti et il se traduit par les nombreuses candidatures féminines que nous présentons aujourd’hui, avec des femmes de grande qualité, jeunes, engagées et aux compétences avérées.

Et nous continuerons de faire émerger des femmes de grande qualité au sein de notre parti. C’est absolument indispensable pour notre démocratie et la représentation des femmes au sein de notre société. Je suis confiante même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Je suis une femme du PAM, je porte en moi les valeurs de mon parti, l’authenticité et la modernité. PAM je suis, PAM je resterai.

En cette année électorale marquée par la transhumance politique, vous avez fait le choix de rester au PAM. Pourquoi le PAM et pas un autre parti ? Que représente ce parti pour vous ?

Vous me voyez dans un autre parti que le PAM ? Je suis une femme du PAM, je porte en moi les valeurs de mon parti, l’authenticité et la modernité qu’il incarne.

Mon ADN est PAM tout simplement parce que ce parti porte ces mêmes valeurs que m’ont inculquées mes parents : la dignité, le sens des responsabilités et de l’abnégation, et bien sûr une certaine idée de l’engagement politique au service des citoyens.

Il incarne une certaine vision de la société et du Maroc qui m’est chère. Je ne suis pas femme à céder aux sirènes du clientélisme politicien. PAM je suis, PAM je resterai.

Le PAM ambitionne de remporter le prochain scrutin législatif. Plus de treize ans après sa création, considérez-vous que l’heure est venue pour le PAM de rejoindre la majorité, sinon la diriger ? Le parti a-t-il les moyens de ses ambitions ?

Il s’agit moins d’une ambition que d’une absolue nécessité pour que le Maroc aille de l’avant. Après dix années de perdues et de renoncement à cause de gouvernements faits de bric et de broc, il est plus que temps de se mettre résolument au travail.

Les Marocaines et les Marocains ont besoin d’une gouvernance réinventée qui leur redonne de l’espoir et veulent voir certains chantiers urgentissimes enfin menés à bien : l’éducation, la santé, l’habitat.

Le droit à l’emploi sera notre priorité. Après dix-huit mois de crise sanitaire, les Marocains parmi les plus fragiles sont dans une situation d’une grande précarité. Nous agirons d’abord pour eux, sans oublier la classe moyenne, qui se trouve depuis longtemps dans une sorte d’impasse sociale et économique.

Au-delà du scrutin législatif, quelle est votre ambition, personnelle et politique ? Devenir ministre ? Voire la première cheffe de gouvernement (après avoir été la première maire de Marrakech) ?

Ma seule ambition, aujourd’hui, est d’être au service des habitants de ma ville et par là même de mon pays.

Marrakech est l’un des symboles de notre royaume à l’étranger. J’en ferai d’ailleurs une destination internationale à l’instar de New York, Londres ou Paris.

Demain, Marrakech rayonnera au niveau mondial grâce à son patrimoine unique mais aussi à son dynamisme économique, qui ne sera plus uniquement fondé sur le tourisme. Je vous donne rendez-vous dans six ans pour le constater.