Energie

Algérie-Maroc : menaces sur le gazoduc Maghreb-Europe, quelles conséquences pour le royaume ?

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Mis à jour le 06 septembre 2021 à 11h41
Sonatrach. Exploitation d’Hydrocarbures en Algérie. Image d’illustration.

Sonatrach. Exploitation d'Hydrocarbures en Algérie. Image d'illustration. © JF Rollinger pour JA

En esquivant le Maroc pour approvisionner l’Espagne, l’Algérie peut affecter durement la production électrique du royaume. Mais pour Alger, le casse-tête logistico-financier est significatif. Et Madrid pourrait s’imposer en arbitre.

Dans le conflit diplomatique que se livrent le Maroc et l’Algérie, cette dernière a décidé d’utiliser l’arme gazière. Le 26 août dernier, à la suite d’une rencontre avec l’ambassadeur Fernando Morán concernant les livraisons de gaz algérien à l’Espagne, le ministre de l’Énergie Mohamed Arkab a affirmé l’intention de l’Algérie de n’utiliser plus que le gazoduc Medgaz, reliant directement les installations de Beni Saf (à 110 km à l’ouest d’Oran) à celles d’Almeria (pointe sud-ouest de l’Andalousie).

Un droit de passage payé en gaz

Si l’on en croit le ministre de l’Énergie, le gouvernement du président Abdelmadjid Tebboune entend par conséquent mettre un terme à la participation algérienne au gazoduc Maghreb-Europe, partant également d’Algérie, mais qui passe par le royaume chérifien avant de rallier Cordoue. Jusqu’à présent, les Marocains recevaient des Algériens un « droit de passage » sur ce gazoduc, payé en livraison de gaz naturel selon un accord trinational datant de 1991, et dont le renouvellement doit justement intervenir avant la fin d’octobre 2021.

« L’Algérie a exporté 9 milliards de pieds cubes en Espagne en 2020, et jusqu’à 17 milliards de pieds cubes annuels auparavant. Nous estimons que 60 % de ces volumes ont été exportés à travers Medgaz, et 40 % via Maghreb-Europe donc en passant par le Maroc », indique l’analyste Pravi Joshi, responsable Afrique du Nord chez le spécialiste Rystad Energy.  

Toujours selon l’expert de Rystad Energy, le Maroc produirait autour de 12 % de son électricité à partir du gaz algérien. Une proportion moindre qu’en 2017, quand elle était autour de 17 %, mais qui reste suffisamment importante pour mettre en danger la production électrique marocaine si l’Algérie mettait fin à sa participation dans le gazoduc Maghreb Europe. 

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