Politique

RDC : entre Tshisekedi et Lourenço, qui va payer pour la pollution des fleuves ?

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Mis à jour le 31 août 2021 à 17:28

Félix Tshisekedi et João Lourenço © République d’Angola

Les présidents Tshisekedi et Sassou Nguesso joignent leur efforts pour gérer la catastrophe écologique des fleuves Tshikapa et Kasaï causée par un accident dans la mine de diamants angolaise de Catoca… Mais Luanda se mure dans le silence.

Treize « zones de santé » touchées, plus de 10 000 cas de dysenterie et d’éruptions cutanées graves relevées parmi les populations riveraines, des dizaines de milliers de poissons morts et même une demi-douzaine d’hippopotames empoisonnés… La liste des dégâts collatéraux de la pollution au nickel et au ferrosilicium des fleuves Tshikapa et Kasaï en République démocratique du Congo ne cesse de s’allonger avec comme risque majeur une contamination des eaux souterraines du fleuve Congo en amont de Kinshasa et de Brazzaville pendant plusieurs années.

Rapport d’experts

À l’origine, selon un premier rapport d’experts auquel Jeune Afrique a eu accès : un incident grave survenu le 24 juillet au niveau du système de drainage et de rejet de la méga mine de diamants de Catoca, province de Lunda Sul en Angola, où le Tshikapa prend sa source, entrainant la rupture de plusieurs conduites dont le contenu s’est déversé dans le fleuve, un affluent du Kasaï, lequel se jette dans le Congo.

Si ce qui apparaît comme une crise écosystémique et humanitaire majeure a mobilisé les présidents Félix Tshisekedi et Denis Sassou Nguesso, lesquels ont échangé à ce sujet, la partie angolaise se mure dans le silence. Le 30 août, le ministère angolais des Affaires étrangères n’avait, selon nos informations, toujours pas répondu aux notes verbales que lui avait adressées son homologue congolais, se contentant de faire savoir qu’une enquête interne était en cours.

Proche de Poutine

Si la responsabilité de la mine de Catoca était avérée – ce qui semble être le cas – se posera la question des réparations et indemnités, lesquelles pourraient se monter à plusieurs centaines de millions de dollars. La mine de diamants à ciel ouvert de Catoca, la plus grande d’Angola, est exploitée par le géant russe Alrosa en partenariat avec l’angolaise Endiama. Premier producteur de diamants au monde, Alrosa est dirigée par Sergeï Ivanov Jr, fils de l’ancien ministre de la Défense Sergeï Ivanov Sr, un très proche de Vladimir Poutine.