Société

Cameroun : Samuel Eto’o est-il visé par l’exclusion des binationaux de la Fecafoot ?

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Mis à jour le 1 septembre 2021 à 12:02

Samuel Eto’o, en 2018 à Paris. © Vincent FOURNIER/JEUNE AFRIQUE

En rappelant que les binationaux n’étaient pas éligibles à la présidence de la Fecafoot, la Commission électorale a déclenché une polémique et alimenté le soupçon selon lequel elle ferait le jeu du président sortant, probable candidat à sa succession.

« Les personnes disposant de la double nationalité ne pourront pas être candidates » à l’élection du président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) prévue le 11 décembre prochain.

Anodin rappel à la loi délivré ce lundi 30 août, cette déclaration de Robert Schlick, le président de la commission électorale de la Fecafoot, a néanmoins déclenché une vive polémique sur les réseaux sociaux. Certains y ont vu un tir de barrage contre Samuel Eto’o, l’ancien capitaine de la sélection nationale, dont la candidature à la tête de la Fecafoot est fortement pressentie.

Titulaire d’un passeport espagnol obtenu lorsqu’il jouait pour le FC Barcelone, Eto’o pourrait-il être disqualifié par cette disposition statutaire ? L’intéressé refuse de commenter. Ses proches l’assurent : il ne se sent pas concerné par cette polémique. « Eto’o ne s’est pas encore prononcé sur sa participation ou non à cette élection. Néanmoins, il est camerounais et jouit donc de tous les droits y afférents », clament-ils.

Seidou Mbombo Njoya veut rempiler

Président sortant, Seidou Mbombo Njoya n’a pas encore fait part de son intention de briguer un second mandat. Lui dont la précédente élection avait été annulée à mi-parcours par le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour cause d’irrégularités est sans doute travaillé par ce goût d’inachevé. Et va probablement tenter de rempiler.

Banlock a été placé sous procédure disciplinaire et suspendu à titre conservatoire

En tout cas, selon les connaisseurs du milieu, plusieurs indices montrent qu’il sera de la partie. Le signe le plus probant d’une candidature de Mbombo Njoya est la suspension de Benjamin Didier Banlock, le secrétaire général de la fédération. Mis en demeure de choisir son camp par les proches de Seidou, alors qu’il estimait nécessaire de préserver la neutralité de sa fonction, Banlock a en effet été placé sous procédure disciplinaire et suspendu à titre conservatoire.

Subodorant une fraude de l’équipe sortante, le candidat Emmanuel Maboang Kessack reproche à la Commission électorale d’avoir publié une liste comportant 42 clubs « fictifs » pour augmenter frauduleusement le nombre de votants en faveur du sortant.

Une accusation que la Commission électorale conteste : « Nous avons pris la peine d’appeler les secrétaires généraux des ligues concernées, ainsi que les présidents des clubs intéressés… Nous avons entrepris de vérifier ces allégations, club par club, en exigeant la preuve de leur participation au championnat et la régularité de leur affiliation. Et il s’est avéré qu’aucune de ces allégations n’était fondée, relativement aux clubs ciblés », a assuré lundi Robert Schlick.

Geremie Njitap se pose en recours

Au bout du compte, outre la candidature déclarée de Maboang Kessack et celle d’un autre Lion indomptable, Jules Denis Onana, il faut compter avec celles attendues de Seidou Mbombo Njoya, de Samuel Eto’o mais aussi de Geremie Njitap, président pour l’Afrique de la Fifpro, le syndicat mondial des joueurs. Ce dernier se pose en recours en cas de défection de ses trois anciens footballeurs de collègues.

La tension monte au fur et à mesure que l’échéance se rapproche. À la présidence de la République, on suit le renouvellement des organes dirigeants du football d’un œil vigilant. Pour le palais d’Etoudi, il n’est pas question que le processus dérape à trois semaines de la CAN, organisée à partir de janvier 2022 sur son sol.