Économie

Maroc – Mehdi Tazi : « La crise du Covid a eu un impact positif sur les entrepreneurs »

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Mis à jour le 31 août 2021 à 18:35

Mehdi Tazi, vice-président général de la CGEM.

Durant la pandémie, les chefs d’entreprise du royaume se sont découvert une capacité d’adaptation et une créativité qu’ils ne soupçonnaient pas eux-mêmes. Et ont effectué un bond en matière de « self-esteem ». Explications du vice-président général de la CGEM, le patronat marocain.

Moins de deux mois après l’élection du tandem Chakib Alj – Mehdi Tazi à la tête de la Confédération générale des entreprises marocaines (CGEM) en janvier 2020, la pandémie de Covid-19 plongeait le monde entier dans une crise économique sans précédent.

Au Maroc, si cette crise a mis nu les failles du système, elle a également révélé une résilience et des capacités à rebondir insoupçonnées chez les entrepreneurs, qui ont su s’adapter aux nouveaux besoins en produisant rapidement masques, respirateurs, gel hydroalcoolique… au moment où le reste du monde en manquait.

Aujourd’hui, malgré une situation sanitaire encore fragile, le pays va renouer avec la croissance, avec un taux de 5,8 % en 2021. Pour autant, la reprise n’est pas totalement acquise, comme nous le confie Mehdi Tazi. À 46 ans, le vice-président général de la CGEM sait de quoi il parle, lui qui s’active depuis le début de la crise aux côtés des pouvoirs publics marocains pour mettre en place des mesures d’accompagnement pour les entreprises.

Rencontré en marge de l’Université d’été du Medef, à Paris, il a accepté de faire, pour Jeune Afrique, un tour d’horizon de l’économie du royaume et du monde des affaires.

Jeune Afrique : Vous êtes vice-président général de la CGEM, le patronat marocain. Comment se portent les différents secteurs de l’économie au Maroc ? 

Mehdi Tazi : Au Maroc, la grande majorité des secteurs, notamment l’industrie, le BTP ou encore les mines, ont redémarré en 2021. En témoigne la consommation de l’énergie, qui a augmenté de 5 % à fin avril 2021 par rapport à avril 2020. Le Haut Commissariat au plan [HCP] a, quant à lui, prévu un rebond de croissance de l’ordre de 5,8 % en 2021.

Fortement impactés par la crise sanitaire et toujours tributaires des mesures restrictives liées au Covid-19, le tourisme et ses activités connexes, comme l’aérien, l’hôtellerie, la restauration et l’événementiel, seront sans doute les dernières activités à retrouver leurs niveaux d’avant crise.

D’autres secteurs comme l’automobile ont aussi été confrontés à des défis liés à la rupture des chaînes de production sur les semi-conducteurs provoquée par la surproduction de tablettes et de téléphones pendant la pandémie. Cela a impacté l’activité des constructeurs automobiles (câbleurs, carrossiers, fabricants de glaces, etc.).

S’agit-il, selon vous, d’un simple rebond mécanique ou d’une tendance durable pour les entreprises et l’économie ? 

Le Maroc, à l’instar d’autres pays, a vu son économie frappée de plein fouet par la pandémie. Le PIB a connu un recul de 6,3 % en 2020, ce qui représente environ 70 milliards de dirhams. Cela revient à dire que notre économie est actuellement à son niveau de 2017.