Diplomatie

L’Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc

| Par Jeune Afrique
Mis à jour le 24 août 2021 à 19h48
Ramtane Lamamra, le ministre des Affaires étrangères algérien.

Ramtane Lamamra, le ministre des Affaires étrangères algérien. © Louiza AMMI pour JA

C’est au cours d’une conférence de presse organisée en fin d’après-midi ce mardi 24 août que le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a officiellement annoncé la rupture des relations diplomatiques avec le voisin marocain, accusé « d’actions hostiles ».

Le 20 août dernier déjà, la présidence algérienne indiquait son intention de « revoir ses relations » avec Rabat. En cause : la responsabilité présumée dans les incendies qui ravagent une partie du pays du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), qu’Alger juge soutenu par « le Maroc et l’entité sioniste ».

Cette dernière allusion renvoie à la normalisation récente des relations diplomatiques entre Rabat et Tel Aviv, que Ramtane Lamamra a citée au nombre des griefs lors de sa conférence. Le chef de la diplomatie algérienne, qui s’exprimait au Club des Pins, à Alger, et lisait une déclaration émanant du président Tebboune, a estimé que son pays avait « été patient concernant les actions du Maroc », déplorant au passage le soutien du Royaume à l’admission d’Israël comme membre observateur de l’Union africaine, alors que « tous les États nord-africains […] se sont opposés à la décision ».

Le ministre a également dénoncé ce qu’il qualifie de « dualité du discours marocain », faisant clairement allusion à la passe d’armes qui l’a opposé, en juillet, à l’ambassadeur marocain aux Nations unies, Omar Hilale. « Est-ce que les propos de l’ambassadeur marocain à l’ONU engageaient sa personne ou l’État marocain ?, s’est interrogé Lamamra. Dans son discours du 31 juillet, le roi n’a pas répondu à notre question. »

« Je ne peux pas prédire ce qui va se passer à l’avenir, mais j’espère que les raisons se réveilleront », a poursuivi le chef de la diplomatie algérienne, en ajoutant néanmoins que « les consulats vont poursuivre leur travail [et que] la rupture des relations ne va pas affecter les Algériens résidents au Maroc ni les Marocains résidents en Algérie. »

Dans les faits, il est d’ailleurs permis de se demander ce que cette fracassante annonce de rupture va réellement changer. La situation était déjà des plus tendues entre Alger et Rabat depuis plusieurs années, et singulièrement depuis que le Front polisario, basé en territoire algérien, a annoncé en novembre 2020 la rupture du cessez-le-feu et la reprise des hostilités contre le Maroc.

En dehors des échanges commerciaux qui, eux, se poursuivaient, les relations politiques, diplomatiques ou sécuritaires entre les deux voisins étaient depuis longtemps déjà en état de quasi mort cérébrale. Quant aux frontières terrestres, elles sont fermées depuis 27 ans.

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