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Togo : pourquoi le chantier du complexe de l’UEMOA à Lomé n’avance pas

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Mis à jour le 19 août 2021 à 14:33

Visite du chantier du complexe de l’UEMOA par des députés de l’organisation, à Lomé, le 14 août 2021.

Le bâtiment est en chantier depuis janvier 2018. Alors que les travaux devaient s’achever en juin 2020, plus de la moitié reste encore à faire. « Jeune Afrique » détaille les raisons du retard.

Le bâtiment devait abriter le siège de la chambre consulaire régionale et de la représentation de la Commission de l’UEMOA. La durée estimée des travaux était de trente mois, soit deux ans et demi, à compter de janvier 2018. Pourtant, trois années et un semestre plus tard, alors que le président de l’UEMOA, le Sénégalais Abdoulaye Diop, a visité le chantier le 10 juin dernier, et qu’une délégation de députés de l’organisation l’a imité le 14 août, son taux d’avancement n’était que de 41 %.

Situé sur un site d’une superficie de 10 000 mètres carrés – mis à disposition par l’État togolais dans la nouvelle cité de l’OUA, l’immeuble de quatre étages (plus un rez-de-chaussée, un sous-sol et une terrasse) est loin d’être achevé. Alors qu’un délai supplémentaire d’une année avait été accordée – repoussant la fin estimée des travaux à juin 2021 -, les travaux sont à l’arrêt depuis plus de trois mois.

Défaillance des entreprises ?

Selon nos informations, les deux entreprises en charge des travaux – la Béninoise GMT Engi Word pour les gros œuvres et l’électricité, et la Burkinabè ITC pour la plomberie et l’étanchéité – n’ont en effet plus les financements pour poursuivre le chantier. Celles-ci n’ayant pu fournir les justificatifs suffisants pour attester des travaux déjà effectués, elles n’ont pas été payées pour la réalisation de ces derniers par le commanditaire, en l’occurrence l’UEMOA.

Or, sans ces fonds, les entreprises ne peuvent désormais engager d’autres sommes d’argent pour poursuivre les travaux. Elles ont par conséquent été “mise en régie”, en raison du non-respect des termes du contrat signé avec l’UEMOA. En d’autres termes, l’organisation et son maître d’ouvrage délégué, la société d’exécution de travaux urbains Agetur (basée à Lomé), exerce désormais une forme de tutelle sur GMT Engi Word et ITC et peut disposer de tous les moyens humain et matériel de ces dernières pour poursuivre les travaux.

Huit mois de retard supplémentaires

Le chantier est donc désormais dirigé, non plus par les deux entreprises, mais par un comité de gestion composé d’un représentant de celles-ci, d’un autre de la commission de l’UEMOA, et d’un bureau de contrôle dirigé par Agetur. Selon nos informations, l’UEMOA et Agetur rejettent ainsi la responsabilité des retards à GMT Engi Word et ITC, dont ils pointent la mauvaise organisation interne.

Des sources internes à l’UEMOA rappellent cependant que les deux sociétés avaient été sélectionnées pour ces travaux au terme d’un « processus rigoureux » d’appel d’offres. Le comité de gestion désormais en charge analyse à l’heure actuelle les pièces justificatives des entreprises afin de pouvoir relancer le chantier, au sein duquel le gros œuvre est globalement achevé. Selon les dernières estimations, le bâtiment pourrait être livré dans huit mois.