Économie

Côte d’Ivoire, Madagascar, Congo : quels dirigeants africains seront présents aux rencontres du Medef

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Mis à jour le 18 août 2021 à 17:41

Le président malgache, Andry Rajoelina, à Antananarivo, le 26 juin 2021.

L’Afrique se taillera la part du lion les 24 et 25 août à Paris lors de la Rencontre des entrepreneurs francophones (REF) qu’organise le Medef. Près de 400 dirigeants africains sont attendus : revue des effectifs.

Certes, le gotha politique africain y sera moins représenté qu’en mai, lors du sommet piloté par Emmanuel Macron sur le financement des économies africaines, lequel avait attiré une trentaine de chefs d’État et de gouvernement. Cette fois-ci, participeront aux différents panels prévus Andry Rajoelina, président de la République de Madagascar, qui sera la vedette de l’événement, ainsi que Patrick Achi, le Premier ministre ivoirien.

Les deux Congo seront très présents avec Rigobert Roger Andely, ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, et Nick Fylla de Saint-Eudes, ministre du Développement industriel et de la Promotion du secteur privé pour la République du Congo, ainsi qu’Yves Bunkulu Zola, ministre de la Jeunesse, et Désiré-Cashmir Kolongele Eberande, ministre du Numérique, pour la RDC.

Parler d’une même voix

Les chefs d’entreprise se bousculent également pour participer aux travaux prévus. Sur les 456 patrons de 31 nationalités inscrits, environ 380 viennent de plus d’une quinzaine de pays africains, dont l’Algérie, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, la RDC, la Côte d’Ivoire, Madagascar, le Maroc, Maurice, le Sénégal, le Togo et la Tunisie.

Les dirigeants des groupes miniers de la RDC et de la Mauritanie sont attendus, comme la fine fleur des banquiers marocains et les pontes du secteur agro-alimentaire togolais. Ahmadou Bakayoko, DG de la Compagnie ivoirienne d’électricité, compagnie publique, arpentera les mêmes couloirs queRodolphe Saadé, PDG du géant mondial de la logistique CMA-CGM.

La présence de 25 présidents d’organisations patronales nationales confirme l’importance de cette « première » pour le Medef. Parmi ces dignitaires, on retrouvera : Samir Majoul, président de l’UTICA tunisienne, Thierry  Awesso, vice-président du Conseil national du patronat togolais, Jean-Marie Ackah, président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire, ainsi que Chakib Alj, président de la CGEM marocaine.

Profiter du plus grand dénominateur commun qu’est le français pour en faire une langue d’affaires, pour tisser des liens et pour signer des contrats

C’est le chef de l’État sénégalais Macky Sall qui aurait donné au patronat français l’idée de cette initiative. « Il y a un an, Macky Sall, le président sénégalais, nous a tenu un discours dans lequel il a souligné que nous avions la même langue, la même culture, le même droit et que nous pourrions faire plus d’affaires ensemble », racontait à Jeune Afrique, le 4 juin, Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef.

Macky Sall, le président du Sénégal, est affiché sur un écran lors d’une conférence du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) à l’hippodrome de Longchamp à Paris, France, le jeudi 27 août 2020.

Cyril Marcilhacy/ Bloomberg via Getty

Comment ignorer que la francophonie pèse 18 % du PIB mondial et que son taux de croissance annuel moyen avoisine les 7 % ? Et que deux pays qui utilisent la même langue tendent à échanger 65 % de biens et services de plus que les pays privés de cet avantage ? « Il s’agit de faire du français une langue utile. Autrement dit profiter du plus grand dénominateur commun qu’elle représente pour en faire une langue d’affaires, pour tisser des liens et pour signer des contrats », souligne Fabrice Le Saché, vice-Président du Medef et cheville ouvrière de la manifestation. Quels thèmes seront abordés pour commencer à bâtir cette francophonie économique ? « La formation et l’éducation, la ville durable, le numérique, la transition écologique, les infrastructures », répond-il.

Du côté des dirigeants africains, l’intérêt pour cette mise en contact intercontinentale, puisque l’Asie et l’Amérique y participent également, est évident. L’Afrique a des besoins énormes en matière d’infrastructures, de débouchés, de savoir-faire et de financements pour créer les millions d’emplois de qualité rendus indispensables par sa natalité galopante. Il lui faut le renfort de puissants investissements étrangers qu’elle a besoin de rassurer sur sa capacité à faire fructifier ses évidentes potentialités.

Réunion privée

Accompagné d’une trentaine d’acteurs économiques malgaches, le président Rajoelina ne se préoccupera donc pas seulement de boucler le financement du téléphérique d’Antananarivo ou celui de centrales électriques, mais il rencontrera aussi le patronat marocain pour envisager des projets communs. Patrick Achi, le Premier ministre ivoirien profitera de son passage pour expliquer les orientations stratégiques du Plan national de développement de son pays.

Il entend convaincre ses interlocuteurs que l’agro-business et la transformation des produits locaux, le BTP, le tourisme, les mines, l’énergie, les services financiers, tout autant que la culture ou l’audiovisuel leur offrent de belles opportunités en Côte d’Ivoire parce que le gouvernement entend y faciliter les initiatives.

Patrick Achi (Côte d’Ivoire), à Paris, le 15 mai 2013.

Vincent Fournier/Jeune Afrique

Patrick Achi sera également présent mercredi 25, au côté de Romuald Wadagni, ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, au Cercle de l’Union interalliée où Jeune Afrique Media Group et le cabinet Concerto organisent une réunion privée sur les investissements français en Afrique. Ils y rencontreront Franck Riester, le ministre délégué français du Commerce extérieur et de l’attractivité, Thierry Déau, PDG de Meridiam, Olivier Bouygues, membre du conseil d’administration du groupe Bouygues, Benoît de La Fouchardière, directeur général de la compagnie pétrolière et gazière Perenco, ou encore Anne Rigail, directrice générale d’Air France.

Selon nos informations, le Medef et ses partenaires francophones concluront leurs travaux en adoptant un communiqué qui pérennisera la Rencontre des entrepreneurs francophones. Un comité d’organisation sera chargé de mettre sur pied des retrouvailles annuelles articulées autour d’une « action structurante » et d’un sujet de réflexion tels que la formation professionnelle ou les finances publiques.