Politique

Mali : entre Salikou Sanogo et Boubou Cissé, l’URD à couteaux tirés

Réservé aux abonnés
Par
Mis à jour le 25 août 2021 à 16:52

Salikou Sanogo et Boubou Cissé

La tenue de la conférence nationale de l’Union pour la République et la démocratie (URD) divise le parti. Mais derrière cet enjeu, ce sont surtout des guerres d’influence qui ont éclaté.

Les échanges se font désormais à couteaux tirés au sein de l’URD. D’un côté : Salikou Sanogo, le premier vice-président, qui assure l’intérim à la tête du parti depuis le décès de Soumaïla Cissé. De l’autre : une partie des cadres du bureau national. Ceux-ci ont en effet initié une pétition afin de provoquer – si le texte réunissait les signatures de deux tiers des membres de la formation – la tenue d’une conférence annuelle extraordinaire de l’URD. Mais Salifou Sanogo n’est guère disposé à les laisser faire. Explications.

Cela fait plus d’un an que l’URD n’a pas tenu sa conférence annuelle (comme le prévoient ses textes cadres), celle-ci ayant été annulée en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19. Selon nos informations, il était pourtant bel et bien prévu qu’un tel rassemblement se tienne en 2021 et ce, malgré la pandémie.

Report calculé ?

En avril, les membres du bureau national avaient même décidé de la programmer pour le mois de juin. Cependant, celle-ci a à nouveau été repoussée à une date indéterminée. Au point que certains caciques en sont venus à penser que ces atermoiements étaient calculés par le président par intérim.

« Salikou Sanogo ne souhaite pas qu’on organise une conférence. Au cours de celle-ci, le bureau pourrait être renouvelé. S’il veut conserver sa place, Sanogo n’aurait alors d’autre choix que de passer par une élection. Or, il sait qu’il a de peu de chances dans ce cas de figure », explique un cadre du parti, sous couvert d’anonymat.

Boubou Cissé divise

Selon cette même source, Salikou Sanogo souhaite en outre que le candidat de l’URD pour la prochaine élection présidentielle soit désigné avant la prochaine conférence du parti, et donc avant un éventuel renouvellement de ses instances. D’après nos informations, des changements dans le bureau national pourraient en effet favoriser un candidat : l’ancien Premier ministre Boubou Cissé.

Dans le clan de l’ancien Premier ministre, dont l’ambition provoque des tensions au sein du parti, l’organisation de la conférence est ainsi perçue comme indispensable pour provoquer le remplacement de certains cadres réputés hostiles à sa candidature.

Selon nos sources, c’est même Gouagnon Coulibaly, ancien directeur de campagne de Soumaïla Cissé, qui est à l’origine de la pétition favorable à la tenue rapide d’une conférence annuelle et au renouvellement des instances. Or, cet apparatchik est réputé être proche de Sékou Cissé, ancien député de Djenné et… oncle de Boubou Cissé.