Politique

Exclusif – L’opposant Karim Meckassoua a fui la Centrafrique

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Mis à jour le 17 août 2021 à 17:58

L’ancien président de l’Assemblée centrafricaine, Abdoul Karim Meckassoua, en juillet 2017, à Paris.

Destitué de son poste de député et visé par une procédure judiciaire, Karim Meckassoua a quitté la Centrafrique. « Jeune Afrique » retrace sa fuite.

Selon nos sources, l’opposant centrafricain a quitté Bangui dans l’après-midi du 15 août, avant la tombée de la nuit. Karim Meckassoua était accompagné par l’un de ses très proches, son neveu et collaborateur de longue date, Chamsou. Les deux hommes se sont embarqués sur le fleuve Oubangui afin de quitter le territoire centrafricain et d’accoster sur la rive gauche, en RD Congo. 

Or, Karim Meckassoua fait l’objet d’une interdiction de sortie du pays depuis le début de l’année 2021, dans le cadre d’une enquête ouverte par la justice centrafricaine sur la création et les agissements de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC, alliance de groupes armés centrafricains coordonnée depuis mars par François Bozizé).  

Si plusieurs des proches de l’opposant nous ont affirmés qu’il s’était finalement rendu au Congo-Brazzaville, l’intéressé, qui nous a brièvement contactés, dément cette information, sans pour autant donner d’autres précisions sur sa géolocalisation actuelle. 

Selon nos sources, Karim Meckassoua s’attendait à être convoqué, dès le 16 août, par un juge d’instruction pour répondre des accusations dont il fait l’objet depuis de nombreux mois, après l’élection présidentielle et l’offensive des groupes armés sur Bangui en début d’année. 

« Mettre une distance » entre Meckassoua et ses accusateurs

Il est en effet soupçonné d’avoir favorisé l’éclosion de la CPC, en complicité avec l’ancien président centrafricain. Cette accusation (qu’il nie vigoureusement) a été reprise dans un rapport des experts des Nations unies en juin et lui a surtout valu d’être destitué de son poste de député par la Cour constitutionnelle le 12 août dernier. Une décision dont il rejette là aussi le bien-fondé et la validité juridique.

Selon nos informations, il avait l’intention de la contester devant la justice continentale, voire internationale, et notamment devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Son avocate, Me Arlette Sombo Dibele, laquelle affirme ne pas être au courant de la fuite de son client, a indiqué à Jeune Afrique qu’il semblait « préférable de mettre une distance » entre lui et ses accusateurs, « compte tenu de l’arbitraire ambiant » à Bangui.