Politique

Covid-19 : les États-Unis redoutent une Assemblée générale de l’ONU « super-contaminatrice »

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Mis à jour le 17 août 2021 à 17:06

António Guterres lors de sa prestation de serment devant le président de l’Assemblée générale, Peter Thomson, au siège de l’ONU, à New York, le 12 décembre 2016.

Face à la multiplication des cas de coronavirus, les États-unis ont exprimé dans une note diplomatique leurs inquiétudes sur la tenue de la 76e Assemblée générale des Nations unies à New York.

Face à la recrudescence des cas de Covid-19 sur leur territoire, notamment dans l’État de New York, les États-Unis ont adressé une note diplomatique, via leur mission auprès de l’ONU, à toutes les délégations étrangères de l’Assemblée générale des Nations unies (Agnu), qui compte 193 États membres.

Dans ce document de trois pages que Jeune Afrique a pu consulter, Washington fait part de ses inquiétudes et émet des réserves quant à la tenue de la 76e Agnu, censée s’ouvrir le 14 septembre prochain.

La menace Delta

« En tant que pays hôte du siège de l’ONU, les États-Unis portent une grande responsabilité quant à la tenue de cet événement et nous avons besoin de votre soutien pour empêcher que la semaine de haut niveau de la 76e Agnu ne soit un événement super-contaminateur », peut-on y lire.

« Le Covid-19 pose un risque sanitaire majeur. Compte tenu de sa virulence chez les personnes entièrement vaccinées et non vaccinées, le variant Delta impose un renforcement des mesures de sécurité », précise encore Washington, qui ajoute que « les hospitalisations augmentent considérablement aux États-Unis ».

« Tous les comtés de la ville de New York sont actuellement classés comme ayant le plus haut niveau de transmission communautaire. Nous devons continuer à tout mettre en œuvre pour protéger les infrastructures de santé ici et à l’étranger », souligne aussi le document.

L’Assemblée générale aura pour thème : « Miser sur l’espoir pour renforcer la résilience afin de se relever du COVID-19, reconstruire durablement, répondre aux besoins de la planète, respecter les droits des personnes et revitaliser l’ONU. » Elle sera présidée par l’ex-ministre des Affaires étrangères des Maldives, Malay Abdulla Shahid.

Une réunion virtuelle ?

Les États-unis en appellent au secrétariat général de l’ONU pour que l’Assemblée se tienne virtuellement : « Compte tenu des problèmes sanitaires actuels, les chefs de délégation devraient envisager de présenter leurs déclarations au débat général de l’Assemblée générale des Nations unies par vidéo », afin d’assurer la sécurité « des participants »et « des résidents de New York ».

La mission demande aux pays qui souhaitent quand même envoyer des représentants à New York que ceux-ci s’y présentent « avec le minimum de voyageurs ». Le Centre de contrôle des maladies et de prévention (CDC) aux États-unis recommande en outre le port du masque à toute personne présente au siège de l’ONU, le respect d’une distance barrière d’environ 2 mètres, la présentation d’un test Covid négatif pour avoir accès aux locaux et, si possible, celle d’un certificat de vaccination. Il demande enfin qu’un siège soit attribué à chacun des participants.

Depuis 2020 et l’apparition de la pandémie, l’Assemblée générale des Nations unies a adapté ses méthodes de travail dans le but de « garantir la continuité de ses activités tout en atténuant la propagation de la maladie ». Elle a favorisé l’utilisation de plateformes de réunion virtuelle et du vote électronique à l’Assemblée générale quand il n’était pas possible de se réunir en présentiel.

Mais cela ne suffit pas à rassurer Washington, qui espère inciter le secrétariat général à ne pas organiser de rencontres réelles autres que le débat général dans l’hémicycle des Nations unies.