Politique

RDC : Moïse Katumbi va-t-il lâcher Félix Tshisekedi ?

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Moïse Katumbi, à Kinshasa, le 6 novembre 2020, lors de son retour après cinq ans d’exil.

Moïse Katumbi, à Kinshasa, le 6 novembre 2020, lors de son retour après cinq ans d'exil. © ARSENE MPIANA/AFP

Pilier de l’Union sacrée, l’ancien gouverneur du Katanga est en difficulté depuis plusieurs semaines au sein de la majorité. Allié du chef de l’État depuis la fin 2020, sera-t-il l’adversaire du président en 2023 ?

Dimanche de Pâques à Lubumbashi. Le capitale du cuivre se réveille sous un soleil de plomb. Les rues sont calmes et la circulation n’engorge pas encore les étroites artères qui longent le Golf, mais dans les allées impeccablement bétonnées de ce quartier résidentiel où une belle bâtisse en chasse une autre, le bal des SUV a déjà débuté.

Les luxueux 4×4 convergent vers le domicile de Moïse Katumbi. Derrière les vitres teintées, des amis et des proches collaborateurs de l’ancien gouverneur du Katanga, ainsi que des notables de la province. Tous sont venus entourer celui sur qui la lumière est brusquement revenue quelques mois plus tôt, à la faveur de son ralliement au président Félix Tshisekedi. Six ans après son départ du camp Kabila et deux ans après son retour d’exil, Moïse Katumbi est de nouveau au cœur de la majorité.

Chaleureuses accolades, petits mots glissés à l’oreille, le patron du parti Ensemble pour la République, vêtu pour l’occasion d’une chemise à l’effigie de la Vierge Marie, accueille ses convives. Avant de prendre la route pour sa ferme située en périphérie lushoise, où se tiendra la messe pascale, les invités prennent le temps de bavarder. On commente les dernières nouvelles du microcosme katangais, on évoque aussi la défaite, survenue l’avant-veille, du Tout-puissant Mazembe, battu 2 à 0 par les Algériens de Belouizdad. Sans le dire, chacun redoute que les déboires sportifs de l’équipe de Katumbi présagent d’autres désillusions.

À 2­000 kilomètres de là, à Kinshasa, les négociations pour la formation du nouveau gouvernement s’éternisent et les spéculations vont bon train. Compte tenu de son poids politique, Katumbi espère obtenir une part généreuse et lorgne des portefeuilles stratégiques, comme celui des Mines. « On peut avoir huit ou neuf ministères », assure un conseiller. Mais le sujet est délicat et les tractations sont poussives. Dans l’entourage de l’ancien gouverneur, certains grimacent déjà. « Le problème, c’est que les gens changent les règles du jeu en cours de partie », soupire un intime de l’ancien opposant.

Méfiance

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