Politique

Incendies en Kabylie : entre la France et l’Algérie, les dessous de l’« opération Canadair »

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Mis à jour le 13 août 2021 à 10h11
Les deux Canadair qui ont été dépêchés à Alger revenaient d’une mission en Grèce et en Italie, où ils sont intervenus contre les incendies de forêt (illustration).

Les deux Canadair qui ont été dépêchés à Alger revenaient d’une mission en Grèce et en Italie, où ils sont intervenus contre les incendies de forêt (illustration). © Salvatore Allegra/Anadolu Agency/AFP

Pour faire face aux gigantesques feux de forêt qui ont fait plus de 73 morts, l’Algérie a sollicité l’Union européenne pour l’envoi d’avions. Explications.

Deux Canadair ainsi qu’un avion de reconnaissance Beech ont atterri aujourd’hui en Algérie afin d’aider les équipes en lutte contre les incendies qui ont fait au moins 73 morts depuis le 9 août. Les trois appareils, qui sont entrés en service dans l’après-midi du 12 août dans les massifs montagneux de Kabylie, ont été envoyés de France en fin de matinée.

25 % à la charge de la France

Le 11 août vers 22 heures, le président français Emmanuel Macron avait annoncé l’envoi de ces deux Canadair ainsi que d’un avion de commandement pour apporter le soutien de la France au peuple algérien. Mercredi matin, les autorités algériennes ont ainsi introduit une demande auprès de l’Union européenne (UE) à Bruxelles afin d’obtenir l’envoi d’avions.

La demande algérienne a été prise en charge dans le cadre du mécanisme du Centre de coordination de la réaction d’urgence (ERCC), une plateforme de la Commission européenne destinée à combattre les incendies, explique à Jeune Afrique une source du ministère français de l’Intérieur. Après accord de l’UE, Bruxelles a transmis la demande à la France, qui avait déjà fait part de sa volonté de mettre les trois appareils à disposition de l’Algérie.

Les frais d’intervention de ces trois avions sont supportés à hauteur de 75 % par l’Union européenne

Les deux Canadair qui ont été dépêchés à Alger revenaient d’une mission en Grèce et en Italie, où ils sont intervenus contre les incendies de forêt qui touchent ces deux pays. Selon la réglementation en vigueur au sein du mécanisme européen, les frais d’intervention de ces trois avions sont supportés à hauteur de 75 % par l’Union européenne, indique encore notre source au ministère de l’Intérieur. Les 25 % restants sont à la charge du pays qui les met à disposition, en l’occurrence la France.

Ces trois appareils français entrés en service le 12 août dans la région de Béjaïa devront y rester pour une période de 72 heures avant de regagner leur base en France. En cas de nouveaux besoins, les autorités algériennes devront introduire une autre demande, toujours via le mécanisme européen.

Mercredi, les services du Premier ministre algérien avaient annoncé l’accord entre l’Algérie et l’Union européenne pour le déploiement de ces trois appareils « dans le cadre de la mobilisation de tous les moyens pour l’extinction de ces incendies ».

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