Politique

Maroc : ce qu’il faut retenir de la visite de Yaïr Lapid

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Par - à Casablanca
Mis à jour le 12 août 2021 à 16:08

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid, et le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita (à droite) à Rabat, le 11 août 2021.

Othmani, tourisme, bureau de liaison… Le ministre israélien des Affaires étrangères s’est rendu dans le royaume pour 48 heures. JA fait le point.

Le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, et sa délégation sont arrivés le 11 août à Rabat, pour une visite officielle de deux jours. Découverte du mausolée Mohammed-V, entretiens en tête à tête, réunions de travail… Le premier déplacement officiel d’un ministre israélien au Maroc ne se résume pas au classique programme des rencontres bilatérales : le Maroc abrite toujours une communauté juive et préserve son patrimoine judaïque. Quant à l’État hébreu, il rassemble l’une des plus importantes diasporas d’origine marocaine au monde.

« Notre relation tire sa force de l’attachement solide de la communauté juive d’origine marocaine au royaume et des liens indéfectibles entre cette communauté, y compris celle présente en Israël, et la personne du roi », a ainsi fait remarquer Nasser Bourita, le ministre marocain des Affaires étrangères.

Le PJD exclu de la rencontre ?

Après avoir été accueilli par Mohcine Jazouli, le ministre délégué aux Affaires étrangères, Yaïr Lapid s’est entretenu seul à seul avec son homologue. Au sein de la délégation israélienne, une autre personnalité a eu droit à un entretien particulier avec Nasser Bourita : Ram Ben Barak, actuel président de la Commission des affaires étrangères à la Knesset et ancien cadre de l’appareil sécuritaire israélien.

Saâdeddine El Othmani n’aurait pas souhaité recevoir la délégation israélienne

Ben Barak a également effectué une visite au Parlement et a rencontré Habib El Malki, le président de la Chambre des représentants, afin de mettre en place une forme de collaboration entre les deux hémicycles. Lapid a aussi tenu une réunion de travail avec la ministre du Tourisme, Nadia Fettah Alaoui, le but étant de promouvoir la « destination Maroc » auprès des touristes israéliens.

Avant la pandémie de Covid-19, ils étaient environ 50 000 chaque année à prendre des vacances dans le royaume, un nombre appelé à augmenter. Après l’ouverture d’une ligne commerciale Marrakech-Tel Aviv cet été, une liaison Casablanca-Tel Aviv devrait bientôt être inaugurée.

Au cours des premières 24 heures de sa visite au Maroc, la délégation israélienne a donc rencontré « tout le monde », résume une source autorisée… excepté le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, et ses ministres du Parti de la justice et du dévéloppement (PJD). Ce dernier n’aurait pas souhaité recevoir la délégation israélienne, laquelle n’a donc pas cherché à le voir.

Une future visite entre chefs d’État ?

Pour l’instant, le Maroc et Israël ont signé trois accords de coopération. Le premier est un mémorandum d’entente lié à l’approfondissement et au renforcement des relations politiques et économiques entre les deux pays. Le second concerne une série d’accords dans le domaine de la jeunesse, de la culture et des sports. Le troisième porte sur les services aériens entre les deux États.

Pour la diplomatie israélienne, le bureau de liaison va rapidement laisser place à une ambassade

Ce 12 août, lors de la deuxième partie de sa visite, la délégation israélienne a inauguré son bureau de liaison, niché à Hay Riad, un quartier résidentiel et d’affaires de Rabat. Pendant plusieurs mois, les Israéliens auraient essuyé plusieurs refus, les propriétaires étant très réticents à l’idée de leur louer un local. Pour la diplomatie israélienne en tout cas, c’est une certitude, le bureau de liaison va très rapidement laisser place à une ambassade en bonne et due forme.

Dans l’après-midi du 12 août, la délégation se rend à Casablanca pour prier à la synagogue Beth-El, puis faire un point presse à l’hôtel Sofitel, avant de s’envoler pour Israël. Le matin, Washington avait félicité le Maroc et Israël, « deux proches partenaires des États-Unis » pour cette visite.