Politique

Tchad : dix choses à savoir sur Acheikh Ibn-Oumar

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Par - à N'Djamena
Mis à jour le 21 août 2021 à 10:49

Acheikh Ibn-Oumar, ministre d’État chargé de la Réconciliation nationale et du Dialogue.

Ministre d’État, chargé de la Réconciliation nationale et du Dialogue depuis le 2 mai, l’ancien chef rebelle est l’un des hommes clés de la transition tchadienne.

1. Enfant de la politique

Né en 1951 à Oum-Hadjer (centre du Tchad), orphelin dès son enfance, il a été élevé par un oncle, député de la première République, qu’il a souvent accompagné dans ses déplacements. Il a ainsi été initié précocement à la politique.

2. Matheux 

Élève brillant à Oum-Hadjer, Fort-Lamy (N’Djamena) et Fort-Archambault (Sarh), il décroche un baccalauréat scientifique à l’âge de 17 ans, devenant l’un des plus jeunes bacheliers du Tchad. Inscrit en classe préparatoire de mathématiques dans un lycée de la région parisienne, il retardera volontairement ses études pour obtenir des renouvellements de ses titres de séjour étudiant.

3. Révolutionnaire

Militant de gauche comme la plupart des étudiants de l’époque, il adhère aux thèses révolutionnaires. Ce qui le pousse à rejoindre le Front de libération nationale du Tchad (Frolinat), un mouvement politico-militaire opposé au régime de Tombalbaye, le premier président du pays. Il rejoint le maquis, puis prend la direction du Comité de défense de la révolution, un groupe politico-militaire pro-libyen.

4. Président par intérim

Ministre de l’Éducation du gouvernement de transition (Gunt) formé en 1979, il assume les fonctions de président de la République par intérim quand les présidents Lol Mahamat Choua et Goukouni Weddeye se rendent à Kano ou à Lagos, au Nigeria, afin de participer aux négociations de paix inter-tchadiennes.

5. Sankariste

En mission à Libreville, en 1981, pour le compte de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), il s’entretient longuement avec un jeune capitaine, ministre de l’Information de la Haute-Volta, qui lui fait forte impression. Thomas Sankara deviendra président deux ans plus tard et rebaptisera son pays Burkina-Faso.

6. Diplomate

Ministre des Affaires étrangères de Hissène Habré après les accords de Bagdad de novembre 1988, il est le dernier chef de la diplomatie tchadienne avant l’arrivée au pouvoir d’Idriss Déby Itno, qui le nommera ambassadeur aux États-Unis.

7. Opposant

Accusé de complot, il reprend le maquis en 1994, se réfugie en France mais se déplace régulièrement en Afrique, notamment au Niger, le pays de son épouse. Les services tchadiens tentent de l’enlever à Niamey. Il parvient à s’échapper grâce à son réseau nigérien.

8. Réconcilié

Le 5 novembre 2018, il rentre au pays après vingt-cinq ans d’exil. Idriss Déby Itno, avec qui il s’est réconcilié, en fait l’un de ses conseilleurs à la présidence, chargé des relations extérieures.

9. « Timlegué »

Enfant des campagnes, il garde un faible pour le timlegué (gynandropsis pentaphylla), un légume qui pousse au Sahel et qui est accommodé sous diverses formes, avec ou sans pâte d’arachide.

10. Sobre

Au-delà du dialogue national et de la réconciliation, dont il a la responsabilité depuis trois mois, il espère œuvrer pour le bien-être des Tchadiens. « C’est en vérité le fond de mon engagement politique. Je ne suis pas assoiffé de pouvoir », résume-t-il.