Politique

Maroc : quand l’ancien ministre français Jean-Vincent Placé se reconvertit dans la restauration

| Par Jeune Afrique
Jean-Vincent Placé, ancien secrétaire d’Etat français, à Paris, en 2016

Jean-Vincent Placé, ancien secrétaire d'Etat français, à Paris, en 2016 © ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Après avoir lancé en juillet une agence de branding avec l’ex-secrétaire général du Parti authenticité et modernité Ilyas El Omari, l’ancien sénateur va ouvrir un restaurant à Casablanca.

Jean-Vincent Placé se rêverait-il en cuistot ? Sorti de la vie politique française par la petite porte, à la suite de plusieurs scandales qui lui avaient valu d’être condamné pour « violences et outrages » ainsi que pour « harcèlement sexuel », l’ex-secrétaire d’État chargé de la Réforme de l’État et de la Simplification sous les gouvernement Valls II et Cazeneuve s’apprête à ouvrir un restaurant au Maroc. Situé dans le quartier du Cercle amical des Français (CAF) de Casablanca, club privé très prisé de la communauté française, le bistrot s’appellera selon nos sources « Salut Casa ! ».

Chef ou RP ?

« Je ne suis absolument pas surpris, commente le lobbyiste Omar Alaoui. C’est totalement cohérent avec la personnalité de Jean-Vincent, qui est d’un naturel bon vivant, et qui aime plus que tout recevoir et réunir ses amis autour des plaisirs de la table. » Une remarque qui rappelle l’épisode du couscous que voulait organiser en 2018 l’ancien ministre au restaurant La Boule Rouge à Paris, pour réconcilier ses deux amis, le député Joachim Son-Forget et la sénatrice Esther Benbassa.

Pour autant, verra-t-on l’ancien élu d’Europe Écologie Les Verts se mettre aux fourneaux ou derrière la caisse dans son établissement, qui ouvrira ses portes à la rentrée ? Ou usera-t-il de son carnet d’adresses d’ancien homme politique pour jouer les RP ? « La restauration, c’est un kif que Jean-Vincent [Placé] avait en lui depuis un moment, et qui là se réalise. Mais je doute vraiment qu’il s’implique dans la gestion au quotidien du bistrot, ou qu’il se reconvertisse dans la cuisine », nous confie Omar Alaoui, dont l’amitié avec l’ex-sénateur français est de notoriété publique.

Outil d’influence

Selon les statuts juridiques déposés de la société lndochine Rest (qui porte le projet) et dont Jeune Afrique a eu connaissance, si l’ancien élu d’Europe Ecologie Les Verts possède la majorité (50 %) des parts, c’est son associé Jaoued Boussakouran qui aura le statut de gérant, avec 36 % – les derniers 14 % étant entre les mains de Younes Mahjoubi, homme d’affaires connu pour accompagner les entreprises de restauration dans leur création. Ce diplômé de Sciences Po Aix, qui est un des fondateurs du mouvement La République en Marche (LREM) au Maroc, est d’ailleurs celui qui détient la licence d’alcool, sésame difficile à obtenir au Maroc et sans lequel une ouverture de restaurant est vouée à l’échec.

L’établissement pourrait développer l’entregent de Jean-Vincent Placé dans le royaume. « L’emplacement choisi pour le bistrot n’est pas anodin. Il se trouve dans une rue adjacente à l’avenue Abderrahim Bouabid, dans un quartier où la communauté française de Casablanca est bien implantée, à deux pas du CAF, QG de la bonne société française du Maroc, qui regroupe des milliers d’adhérents, commente un membre actif de la communauté française à Casablanca.

Jean-Vincent Placé est associé dans cette affaire à Jaoued Boussakouran, porte-parole de LREM pour le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest… » Il aurait également créé, selon un article paru dans le média marocain Le Desk début juillet, une agence de communication et de branding en s’associant notamment à l’ex-secrétaire général du PAM, Ilyas El Omary.

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