Politique

RDC : les hommes de Sama Lukonde Kyenge, le Premier ministre de Félix Tshisekedi 

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique

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Le chef de l’exécutif congolais, qui a passé le 4 août le cap des 100 jours, s’est entouré d’une équipe de fidèles, de proches et de techniciens pour diriger le second gouvernement de l’ère Tshisekedi.

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C’est un double anniversaire que le patron de l’exécutif congolais a fêté le 4 août. Le jour de ses 44 ans, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge était également appelé à dresser un premier bilan de son action, 100 jours exactement après l’entrée en fonction de son gouvernement, audacieusement baptisé « gouvernement des warriors. »

S’il a pu mettre en avant quelques succès, notamment sur le plan économique, le Premier ministre sait sans doute que le plus dur reste à faire pour cette équipe issue de l’Union sacrée, coalition pléthorique qui a pris le relais de l’alliance avec la plateforme de Joseph Kabila.

Le choix du président congolais en faveur de ce technocrate originaire du Katanga, fils d’une emblématique figure de la province cuprifère, pour diriger cet ensemble où se côtoient des forces politiques aux intérêts souvent contradictoires ne doit rien au hasard. Ancien ministre de Joseph Kabila devenu frondeur aux côtés de Moïse Katumbi avant de se rapprocher de Félix Tshisekedi, Sama Lukonde a ses entrées dans différentes sphères mais dispose aussi d’un poids politique suffisamment modeste pour ne pas faire d’ombre au chef de l’État.

Avant de le nommer à la tête de son second gouvernement, ce dernier avait déjà fait de lui le directeur général de la Gécamines, un poste stratégique au plus proche d’Albert Yuma, un cacique du camp Kabila.

En attendant de finaliser la constitution de son propre cabinet, le Premier ministre congolais se sait donc attendu au tournant. Voici ceux sur qui il peut compter.

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Surnommé « Tigana », il est le directeur de cabinet de Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge. Il a été avocat durant une dizaine d’années avant d’être nommé chef de cabinet du premier vice-président du Sénat, Samy Badibanga. Il a toutefois été limogé en juin 2020 sans l’aval de ce dernier par le président de la chambre haute, qui l’accusait de manquer à son devoir de réserve. Un mois plus tard, il est devenu conseiller au sein du Conseil d’État. Cet homme du sérail sans affiliation politique particulière a par ailleurs officié dans plusieurs cabinets comme technocrate.

Originaire de la province de la Tshopo, formé à l’université catholique de Louvain-la-Neuve, en Belgique, il est aujourd’hui professeur de droit public à l’université de Kinshasa. Fervent catholique, il y a dirigé la branche locale du MIEC (Mouvement international des étudiants catholiques).

Selon ses proches, il a croisé la route de Sama Lukonde dans les allées de la paroisse Saint-Luc de Macampagne. Son nom aurait été recommandé au Premier ministre par la présidence.

GardeRapprochée Lukonde-07Ce fin stratège est incontournable à la primature. Homme de l’ombre de Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, il le connait de longue date. Il a été son directeur de cabinet lorsqu’il était le ministre des Sports de Joseph Kabila, pendant près de dix mois, avant d’être nommé par Félix Tshisekedi administrateur à la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC).

Un temps encarté au parti politique Démocratie chrétienne d’Eugene Diomi Ndongala, il a rejoint le parti Avenir du Congo (ACO) de Dany Banza il y a quelques années, où il a officié comme secrétaire général adjoint.

Consultant en électricité industrielle, il est aussi le fondateur de la société Easy Services and Logistics. Il préfère résider à Lubumbashi, où il a fait ses études.

Lui aussi préfère rester dans l’ombre, se tenant éloigné des caméras. Pourtant, il est au cœur du pouvoir de Félix Tshisekedi. Ambassadeur itinérant du chef de l’État et député national honoraire, Dany Banza a su s’imposer en toute discrétion dans le premier cercle du chef de l’État.

C’est notamment à lui que le nouveau Premier ministre, qui est membre de son parti ACO, doit sa nomination. Il avait également poussé la candidature de Sama Lukonde comme directeur général de la Gécamines et favorisé celle de Herve Moj Ndumb à la SNCC.

En 2017, Dany Banza a d’abord démissionné de ses fonctions de « financier » du G7 – la coalition de partis qui a soutenu Moïse Katumbi après qu’il a quitté Joseph Kabila – pour « raisons personnelles ». Puis il s’est définitivement éloigné du patron d’Ensemble pour la République pour soutenir la candidature de Félix Tshisekedi à la présidentielle de 2018.

Il est le ministre de la Communication et le porte-parole du gouvernement. À ce titre, Patrick Muyaya, 39 ans, a un accès direct au Premier ministre et travaille, selon ses termes, à « changer le narratif de la RDC ». Il compte parmi les hommes de confiance de Sama Lukonde, pour le compte duquel il joue un rôle très actif.

Journaliste de formation et de carrière, vedette du journal télévisé d’une chaîne locale et conseiller en communication à la primature sous Adolphe Muzito, Patrick Muyaya est aussi député national.

Proche du parti ACO de Dany Banza depuis plusieurs années, il compte aussi dans l’entourage proche de Sama Lukonde. Il fut son assistant quand celui-ci dirigeait la Gecamines, une fonction qu’il occupe encore à ce jour auprès du Premier ministre. Il gère pour ce dernier plusieurs dossiers sensibles de la République.

Formé, entre autres, en science de l’information et de la communication, Isaac Bakajika était plus connu comme présentateur du journal télévisé et journaliste reporter d’images sur la télévision Étoile, émettant à partir de Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.

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