Politique

Éthiopie : dans le Tigré, les rebelles avancent et le conflit s’enlise

Mis à jour le 7 août 2021 à 16:10
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Par POV

Dessinateur de presse, William Rasoanaivo - alias POV - vit et travaille à Maurice.

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La prise de Lalibela par les rebelles du TPLF, jeudi 5 août, est une nouvelle illustration de l’enlisement du conflit au Tigré. Le Premier ministre Abiy Ahmed, jadis célébré comme un « faiseur de paix », promettait pourtant une victoire rapide.

Les églises monolithes de Lalibela sont désormais aux mains du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Les rebelles tigréens ont conquis, jeudi 5 août, la célèbre cité de la région Amhara, dans le nord du pays. Un pas de plus dans leur contre-offensive face aux troupes éthiopiennes, qu’ils ont chassé de Mekele, la capitale du Tigré, en juin dernier.

Lorsqu’il a lancé ses troupes sur le Tigré, en novembre dernier, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, promettait une victoire rapide. Mais dix mois plus tard, le bilan du Prix Nobel de la paix 2019 inquiète au plus haut point la communauté internationale. 5,2 millions de personnes, soit 90 % de la population de la région, ne survit aujourd’hui que grâce à l’aide humanitaire extérieure, selon l’ONU. Mais celle-ci n’arrive qu’au compte-gouttes.

Aide suspendue

« Entre mi-juillet et le 2 août, les Nations unies estimaient les besoins à 1 500 camions [d’aide humanitaire]. Mais seuls 153 véhicules ont pu passer », a constaté le 4 août Samantha Power, la directrice de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), en marge d’une visite à Addis-Abeba lors de laquelle elle a appelé les autorités éthiopiennes – et les rebelles du TPLF – à rétablir en urgence les accès aux populations dans le besoin. « Toutes les parties doivent cesser les hostilités », a-t-elle notamment plaidé.

Pas sûr qu’elle soit entendue. Mardi 4 août, le gouvernement éthiopien a décidé de suspendre les activités de Médecins sans frontières (MSF) et du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) dans le pays, les accusant de « désinformation ». Les deux ONG avaient, en particulier, pointé les entraves à l’acheminement de l’aide humanitaire…