Politique

Loi Tshiani en RDC : pourquoi Félix Tshisekedi temporise

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Mis à jour le 3 août 2021 à 16:02

Félix Tshisekedi à Kinshasa, le 20 juillet 2021.

Le chef de l’État ne s’est pas encore prononcé publiquement sur la proposition de réforme de Noël Tshiani, qui fait polémique depuis plusieurs semaines. Mais il a fait passer un discret message au président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso…

La proposition de loi du candidat à la présidentielle de 2018 Noël Tshiani, portée par le député Nsingi Pululu, a créé de nombreux remous au sein de l’Union sacrée, la coalition au pouvoir. Ayant pour objectif de réserver l’accès à plusieurs hautes fonctions – dont la présidence de la République – aux seuls Congolais nés de père et de mère eux-mêmes congolais, elle a suscité une levée de boucliers chez certains alliés de Félix Tshisekedi, comme Moïse Katumbi.

Dans les rangs de l’ancien gouverneur du Katanga, soupçonné de vouloir se porter candidat à la présidentielle de 2023, ce projet a été perçu comme une attaque personnelle.

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Le camp du patron d’Ensemble pour la République est allé jusqu’à menacer de quitter définitivement l’Union sacrée, créée en décembre 2020, si ce projet déposé le 8 juillet 2021 venait à être inscrit au calendrier des travaux de l’Assemblée nationale.

Accusé par les proches de Katumbi de parrainer discrètement cette proposition de réforme pour écarter de potentiels adversaires lors de la prochaine présidentielle, Félix Tshisekedi, qui a lui-même passé plusieurs années en Belgique, a jusque-là évité de prendre publiquement position sur ce sujet qui divise son entourage.

En coulisse, le président congolais a, selon nos informations, passé un message à Christophe Mboso N’kodia Pwanga, le président de l’Assemblée nationale. Selon une source dans l’entourage proche de Félix Tshisekedi, ce dernier a émis le souhait de reporter son inscription au calendrier des activités de l’Assemblée nationale, « ne trouvant pas opportun de mener une telle démarche dans le contexte social, politique, sécuritaire et économique actuel de la RDC ». Le chef de l’État voudrait également éviter que cette proposition figure à l’agenda des deux prochaines sessions, celle qui s’ouvre en septembre, consacrée au budget, et celle du mois de mars 2022.

Le 5 juin, lors d’une rencontre avec les sénateurs membres de l’Union sacrée, Félix Tshisekedi, cité par plusieurs d’entre eux, se serait également prononcé contre cette proposition de loi, bien qu’encourageant « la libre expression et le débat démocratique ».