Politique

Tunisie : arrestation du député Yassine Ayari, selon son parti

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Mis à jour le 31 juillet 2021 à 11:15

Le député tunisien Yassine Ayari (au centre), le 15 février 2018 au Parlement, à Tunis.

Le parti de ce député tunisien critique du président a annoncé qu’il avait été arrêté vendredi, après avoir dénoncé sur les réseaux sociaux le coup de force de Kaïs Saïed comme « un coup d’État militaire ».

Le député indépendant et ex-blogueur Yassine Ayari a déjà été condamné à plusieurs reprises ces dernières années pour des publications sur les réseaux sociaux, notamment critiques de l’armée. Son mouvement, « Espoir et travail », lancé en 2019, a annoncé dans un bref communiqué son arrestation vendredi, selon eux par des agents de la sécurité présidentielle sans la présentation d’un ordre judiciaire.

Contactés par l’AFP, le service de la communication de la présidence de la République et le porte-parole du parquet étaient injoignables. Dans une publication sur Facebook, sa femme a affirmé de son côté que son mari avait été arrêté d’une façon violente. Aucune source officielle n’a accepté de s’exprimer sur cette arrestation.

Craintes

À la suite de cette annonce, des Tunisiens ont exprimé sur les réseaux sociaux leur crainte d’un retour à la répression. La Tunisie, « est un pays des droits, des libertés et de la Constitution », a tenu à rassurer le président Saïed vendredi au cours d’une rencontre avec des journalistes de New York Times, après que l’un d’eux a été brièvement interpellé dans un poste de police pour une question d’autorisation.

Ce n’est pas à mon âge que je vais commencer une nouvelle étape basée sur la dictature

« Pas de peur sur la liberté d’expression (…) ce n’est pas à mon âge que je vais commencer une nouvelle étape basée sur la dictature. Je déteste la dictature et je la méprise », a-t-il encore ajouté. Kaïs Saïed a affirmé qu’il n’y avait eu des arrestations que de ceux qui sont poursuivis par la justice.

L’arrestation de Yassine Ayari survient cinq jours après que le président a gelé le Parlement pour 30 jours, levé l’immunité de tous les députés et limogé le Premier ministre Hichem Mechichi. « C’est un coup d’État militaire », avait écrit sur sa page Facebook Yassine Ayari, connu pour ses prises de positions tranchantes. Pour lui, les mesures du président représentent « un renversement de la Constitution et du pacte social en utilisant l’armée ».

Plusieurs condamnations

Yassine Ayari, 30 ans, ancien blogueur actif sous la censure au moment du soulèvement populaire ayant chassé Ben Ali du pouvoir en 2011, avait été élu en 2017 député de la circonscription de l’Allemagne, puis de la première circonscription de la France en 2019. Il a été condamné en 2018 à trois mois de prison pour une publication Facebook qui critiquait l’armée. Il avait également été condamné à 16 jours de prison, la même année, pour une autre publication de blog. Il n’a pas purgé cette peine.

En 2015, ce fils d’un colonel, tué en 2011 pendant les premiers affrontements contre des groupes terroristes dans le pays, a passé plus de quatre mois en prison après qu’un tribunal militaire l’a reconnu coupable d’outrage au haut commandement de l’armée sur les réseaux sociaux.

Avec AFP