Économie

RDC : les États-Unis sortent le chéquier pour soutenir Félix Tshisekedi

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Mis à jour le 5 août 2021 à 13:44

Paul Sabatine, le directeur de mission de l’USAID (à g.), et Samy Adubango, le vice-ministre congolais des Affaires étrangères, à Kinshasa, le 20 juillet 2021.

Washington mobilise 1,6 milliard de dollars en faveur du développement de la RD Congo. Objectifs : faciliter l’accès à l’eau et soutenir le secteur privé.

Le 20 juillet, ce sont 1,6 milliard de dollars que les États-Unis, par le biais de l’USAID, leur agence de développement international, ont mis sur la table pour la République démocratique du Congo, dans le cadre du renouvellement de leur stratégie de coopération. L’accord de financement a été signé par Samy Adubango, le vice-ministre congolais des Affaires étrangères, et par Paul Sabatine, le directeur de la mission de l’USAID.

Approuvée en décembre 2020, cette nouvelle stratégie, qui doit se déployer sur cinq ans, a pour objectif de rendre le pays « plus pacifique et plus prospère, en offrant aux communautés comme aux individus de meilleures opportunités d’épanouissement », explique à Jeune Afrique un responsable de l’USAID en RD Congo.

Concrètement, les fonds sont destinés à sept régions – Kivu, Haut-Uélé, Tanganyika, Maniema, Haut-Katanga, Ituri et Kasaï – et se concentreront sur trois domaines.

Une première enveloppe, de 500 millions de dollars, financera des réformes et outils destinés à renforcer l’efficacité des institutions publiques.

Productivité agricole

Une deuxième enveloppe, de 546 millions de dollars, vise à améliorer l’accès aux services de base, dont l’eau et l’électricité.

Selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, seulement 44% de la population a accès à l’électricité dans le pays. L’institution notait, dans un rapport publié cette année, que « la part des ménages ayant accès à l’eau courante […] s’est réduite, passant de 90% environ en 2014 à 72% en 2018 ».

Enfin, une troisième enveloppe de l’USAID d’un montant de 471 millions de dollars se fixe pour objectif d’assurer une croissance inclusive, diversifiée et durable. L’institution de développement américaine entend mettre l’accent sur la consolidation du secteur privé local et sur l’augmentation de la productivité agricole, notamment par le biais du financement de formations.

Réchauffement des relations

Ces fonds bilatéraux seront complétés par une contribution, allant jusqu’à 161 millions de dollars, du Programme régional pour l’environnement en Afrique centrale, axée sur « la conservation, la lutte contre le trafic d’espèces sauvages, la gestion des ressources naturelles et le changement climatique en RD Congo », précise l’USAID, dont les investissements doivent être soumis à l’approbation du Congrès des États-Unis.

Conclu quelques jours après l’annonce d’un accord entre le FMI et le gouvernement congolais sur l’octroi d’une facilité de crédit de 1,5 milliard de dollars, ce financement intervient alors que les relations entre Kinshasa et Washington se réchauffent, depuis la nomination de l’ambassadeur Mike Hammer en septembre 2018 et l’élection du président Félix Tshisekedi en décembre de la même année.

La stratégie de coopération américaine s’aligne ainsi sur l’agenda en douze points du président Tshisekedi et sur le Plan de développement national (PDN) 2020-2024.