Société

Jeux olympiques – Côte d’Ivoire : après l’Allemagne, l’Espagne ?

Mis à jour le 31 juillet 2021 à 10:13

Youssouf Dao célèbre le premier et seul but de la Côte d’Ivoire contre l’Allemagne (groupe D), le 28 juillet 2021, aux JO Tokyo 2020.

La Côte d’Ivoire s’est qualifiée pour les quarts de finale des Jeux olympiques de Tokyo, où elle affrontera l’Espagne le 31 juillet. Les Ivoiriens, malgré une préparation compliquée, ont réussi à éliminer l’Allemagne en phase de poules.

La France et l’Argentine, présentées comme de solides prétendants à une médaille olympique, ont quitté le Japon la tête basse, éliminées beaucoup plus vite qu’elles ne le pensaient. Au nom de sa réputation et de sa breloque en argent en 2016 à Rio de Janeiro, l’Allemagne s’imaginait étirer son parcours au pays du Soleil levant. Mais la Nationalmannschaft est tombée du haut le 28 juillet 2021, à Rifu, après son match nul concédé face à la Côte d’Ivoire (1-1).

Promise à une élimination précoce

Les Allemands ont repris l’avion pour Berlin. Les Ivoiriens affronteront l’Espagne à Rifu, le samedi 31 juillet 2021, et ils espèrent bien retarder le plus longtemps possible leur départ pour Abidjan. Les joueurs du sélectionneur olympique Soualiho Haidara, avant de tenir en échec l’Allemagne, avaient battu l’Arabie Saoudite (2-1), et surtout accroché le Brésil (0-0), le tenant du titre. Promis à une élimination précoce après le tirage au sort, perturbés par une préparation compliquée effectuée à Abidjan (après l’annulation d’une tournée en Asie et d’un match amical en France), les Ivoiriens ont surmonté ces obstacles pour s’inviter en quarts de finale, et plus si affinités.

Cela ne m’étonne pas plus que cela de les voir à ce niveau

« Cela ne m’étonne pas plus que cela de les voir à ce niveau. Ils n’étaient pas attendus, ils n’avaient pas vraiment de pression, puisque tout le monde ou presque pensait qu’ils seraient éliminés dès le premier tour », explique le Français Michel Dussuyer, sélectionneur de l’équipe A ivoirienne, de 2015 à 2017. « Leur but était de bien figurer, de prendre du plaisir face à des adversaires de haut niveau. Et avec les résultats, la dynamique est venue, et ils seront habités par le même état d’esprit contre l’Espagne, sachant qu’ils ne seront pas favoris. »

Trois joueurs de plus de 23 ans

Conformément au règlement de la FIFA, Soualiho Haidara a retenu trois joueurs de plus de 23 ans pour participer à ces Jeux. Et pas n’importe lesquels. Le technicien ivoirien a choisi le défenseur Eric Bailly (Manchester United, 38 sélections avec l’équipe nationale), le milieu de terrain Franck Kessié (Milan AC, 48 sélections), et l’attaquant Max-Alain Gradel (Sivasspor, 86 sélections), trois des cadres des Éléphants (Bailly et Gradel ont été champions d’Afrique 2015). Leur importance, au sein d’un collectif majoritairement jeune, ne se dément pas.

Pour bien les connaître, je sais ce qu’ils peuvent apporter sur le terrain, mais également en dehors, car ils sont très expérimentés. Ce sont de vrais leaders

« Pour bien les connaître, je sais ce qu’ils peuvent apporter sur le terrain, mais également en dehors, car ils sont très expérimentés. Ce sont de vrais leaders », poursuit Michel Dussuyer. Soualiho Haidara, obligé de composer avec le refus de certains clubs de libérer les joueurs, a convoqué seulement deux footballeurs locaux : Oupoh Maxime Nagoli de Sol FC et Eliezer Ira Tapé du FC San-Pedro). Les autres sont dispersés entre Israël, l’Angleterre, l’Italie, la France, la République tchèque, le Portugal ou la Belgique. Et malgré un faible nombre de matches de préparation avant le tournoi olympique, la sélection ivoirienne a bousculé les pronostics lors du premier tour.

À Abidjan, Bouaké ou Yamoussoukro, les nombreux amateurs suivent avec un intérêt croissant les performances des Éléphanteaux au Japon, malgré le décalage horaire. « Il y a une grande fierté, les gens sont vraiment heureux, et ils considèrent que l’équipe a déjà réussi son parcours. Malgré les difficultés rencontrées pour préparer ces JO, le sélectionneur avait la foi, ses joueurs aussi. Ils ne se sont pas mis trop de pression, ils sont libérés. Et il y a de plus en plus de supporters devant leur télé à chaque match », confirme le journaliste sportif Clément Diakité. Ce sera encore le cas samedi, contre l’Espagne. Et encore plus si les Ivoiriens se qualifient pour les demi-finales, où ils affronteraient, le 3 août, le vainqueur du match Japon-Nouvelle-Zélande à Saitama…