Société

Marie-Josée Ta Lou, l’ambitieuse sprinteuse ivoirienne

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Mis à jour le 27 juillet 2021 à 12:34

L’athlète ivoirienne Marie-Josée Ta Lou, le 8 septembre 2018.

L’athlète ivoirienne rêve de devenir la meilleure sprinteuse africaine. Arrivée à Tokyo comme l’une des favorites des 100 et 200 mètres, Marie-Josée Ta Lou brisera-t-elle la malédiction de Rio ?

Ne lui parlez plus du Brésil, de Rio de Janeiro et des Jeux Olympiques de 2016. Marie-Josée Ta Lou ne veut évoquer que le présent et l’avenir, même si elle garde dans un coin de sa mémoire le double épisode carioca. Pas très loin des plages de Copacabana, l’Ivoirienne avait échoué deux fois de suite au pied du podium, sur 100 mètres puis sur 200, passant, pour quelques millièmes de secondes, à côté d’une médaille. « Je veux oublier Rio », avait-elle déclaré en 2020, alors que l’annulation des JO de Tokyo et leur report à 2021 pour cause de crise sanitaire n’était pas encore officiel.

Favorite

En cinq ans, la native de Bouaflé a gagné en assurance. Ses performances aux Jeux de la Francophonie de 2017, chez elle à Abidjan, avec une médaille d’or en 4 x 100 mètres, lui ont permis de reprendre confiance. Un an plus tard, en 2018 lors des Championnats d’Afrique à Asaba, au Nigeria, elle s’était hissée au sommet du sprint continental (100 mètres et 200 mètres). Un statut confirmé un an plus tard à Rabat, au Maroc, à l’occasion des Jeux Africains.

Contrairement à Rio où elle faisait figure d’outsider, c’est en tant que favorite que Marie-Josée Ta Lou arrive à Tokyo. Au Japon, l’Ivoirienne ambitionne de décrocher l’or olympique, mais aussi de devenir la meilleure sprinteuse du continent africain. Elle sait aussi que ces JO constituent sans doute sa dernière chance de rapporter une médaille à l’athlétisme féminin ivoirien. Les prochaines olympiades, à Paris en 2024, interviendront au crépuscule de sa carrière.

Forte popularité

Ta Lou s’est donc minutieusement préparée pour atteindre son objectif à Tokyo. Le 2 juillet, elle a ainsi remporté le 100 mètres lors de la Diamond League à Oslo, renforçant son statut de favorite.

Elle est très aimée en Côte d’Ivoire, car c’est quelqu’un d’assez discret, qui n’est pas dans le star System

Marie-Josée Ta Lou, porte-drapeau de la délégation ivoirienne, suscite d’immenses espoirs en Côte d’Ivoire, où elle jouit d’une réelle popularité. Dans son pays, mais également sur le continent, l’Ivoirienne est perçue comme un modèle de réussite sportive. « Elle est très aimée en Côte d’Ivoire, car c’est quelqu’un d’assez discret, qui n’est pas dans le star System, et les gens aiment ça », confirme le journaliste sportif Clément Diakité.

Marie-Josée Ta Lou aurait bien pu ne jamais connaître l’adrénaline olympique. Plus jeune, l’athlète a dû vaincre les réticences familiales, surtout celles de sa mère, laquelle souhaitait que sa fille poursuive ses études plutôt que de s’orienter vers une pratique sportive intensive. En mai 2020, la sprinteuse confiait sur le site officiel des JO ce que l’athlétisme représente pour elle, et l’héritage qu’elle souhaite léguer : « Auparavant, je ne m’aimais pas autant. Grâce à l’athlétisme, j’ai vu une nouvelle partie de moi. (…) Je veux laisser un grand héritage. Pas seulement aux filles ivoiriennes, mais à toutes les filles d’Afrique. Je veux leur montrer qu’elles peuvent faire de grandes choses en croyant en elles. »