Politique

Bénin – Décès de Rosine Soglo : hommages unanimes de la classe politique

Par - à Cotonou
Mis à jour le 26 juillet 2021 à 14:33

Rosine Soglo, grande figure de la vie politique béninoise et femme de l’ex-président, est décédée le 25 juillet 2021, à son domicile.

L’épouse de Nicéphore Soglo, ex-président du Bénin, est décédée dimanche 25 juillet 2021, à 87 ans. La « dame de fer » laisse derrière elle une forte empreinte politique.

« C’est cette femme-là qui m’a permis d’être aussi solide », a confié Nicéphore Soglo, actuellement à Paris pour raison de santé. Terrassé, l’ancien président a tenu à saluer la mémoire de sa femme qu’il a rencontrée en 1947 en France, avant que les deux ne convolent en justes noces le 2 juillet 1958.

« Nous garderons d’elle l’image d’une femme brave et exceptionnelle », a déclaré sur sa page Facebook le président Patrice Talon dont elle avait soutenu la candidature en 2016, avant d’exprimer de fortes réserves sur sa gouvernance actuelle du pays.

Le président du parlement béninois, Louis Vlavonou se souvient également « d’une femme d’exception et de conviction dont la participation à six législatures successives laisse inéluctablement une empreinte indélébile à l’institution parlementaire et au pays tout entier ».

Une grande perte pour notre pays et notre démocratie

Pour Paul Hounkpè, responsable du parti des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) et chef désigné de l’opposition, « le décès de madame Rosine Soglo, figure emblématique de la politique du Bénin depuis l’historique conférence nationale de février 1990, est une grande perte pour notre pays et notre démocratie ». « C’est une combattante intrépide pour la paix, la liberté et la démocratie au Bénin », peut-on lire dans le communiqué des FCBE. Celui-ci a été rendu public dimanche 25 juillet 2021, après le décès de l’ex-première dame à son domicile, aux environs de 16 heures. Elle avait insisté pour rentrer chez elle après trois jours d’hospitalisation à la clinique Mahouena de Cotonou – où la famille Soglo se fait habituellement soigner.

Femme courageuse, audacieuse et engagée

À Cotonou ce matin, la plupart des Béninois affichent leur « admiration » pour Rosine, « une femme courageuse », « audacieuse », « engagée », « un exemple à suivre pour les femmes en matière d’engagement politique ». De son vivant, elle a été parfois critiquée pour être restée « trop visible » dans l’entourage politique de son mari, d’avoir « trop pesée » sur les décisions de celui-ci et sur la vie de la nation pendant le quinquennat 1991-1996.

Les Béninois se demandent également si son fils aîné, Lehady Soglo, en exil en France depuis sa révocation comme maire de Cotonou le 2 août 2017, rentrera au pays pour les obsèques de sa mère. Le cadet Ganiou, qui sort de soins après avoir été blessé par balles lors d’une embuscade en février dernier, a conduit le corps de Maman à la morgue Proci de Cotonou. La date des obsèques n’est pas encore fixée.

Son parti et son association

Première femme à avoir fondé un parti politique (la Renaissance du Bénin) en 1992 à l’ère du Parti du renouveau démocratique, elle a été régulièrement députée de la 16e circonscription de Cotonou, de 1999 à 2019. Plusieurs fois doyenne de l’Assemblée nationale, elle a marqué l’institution parlementaire avec ses envolées contre les régimes successifs de ces vingt dernières années : Mathieu Kérékou (1996-2006), Boni Yayi (2016) et Patrice Talon.

Parallèlement à ses activités politiques, elle a créé l’association Vidolé, pour le bien-être des enfants et des femmes. Elle a apporté, pendant des années, son appui aux familles de jumeaux, de triplets ou de quadruplets. Un sens maternel qui lui vaut sans doute d’être appelée « maman » par tous, y compris par les plus grands du pays. « Intrépide patriote, Maman a été de tous les combats… », écrit l’ancien président Boni Yayi sur sa page Facebook.

Cette icône de la politique béninoise est notre maman nationale

Lors d’une cérémonie d’hommage à l’ex-première dame en 2019, Célestine Zanou, candidate à la dernière présidentielle, disait alors que cette « icône de la politique béninoise » est « notre maman nationale ».