Politique

Gabon : le duel pour la présidence de l’Union nationale vire au psychodrame familial

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Mis à jour le 24 juillet 2021 à 11:01

De gauche à droite : Zacharie Myboto, Paulette Missambo et Paul-Marie Gondjout.

Un congrès de l’Union nationale est prévu avant le 15 août prochain à Libreville avec pour point d’orgue, la succession politique de Zacharie Myboto que se disputent ses enfants Chantal et Eric.

Âgé de 83 ans, président de l’Union nationale (UN) depuis sa création en 2010, Zacharie Myboto souhaitait passer le témoin à son gendre, Paul-Marie Gondjout, actuel secrétaire exécutif adjoint du parti. Lui-même issu d’une grande famille – son père, Paul Gondjout, fut président de l’Assemblée nationale – il est l’époux de Chantal Myboto fille aînée de Zacharie et femme influente de l’establishment. Outre le soutien du président sortant, « Paul Marie » bénéficie aussi de celui de son épouse. Mais le poids de ses deux principaux alliés n’a pas suffi à faire accepter ce scénario de succession « dynastique ». Regroupés derrière Paulette Missambo, une femme de pouvoir, dont la carrière politique culmina au poste de ministre d’État en charge de la Santé sous Omar Bongo Ondimba, les « opposants » de l’intérieur ne veulent pas en entendre parler.

« Chaque parti naît d’un acte fondateur. Le nôtre, est né du rejet de la succession d’Omar à Ali. Nous ne pouvons pas le reproduire au sein de l’UN », explique Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, candidat à la vice-présidence sur la liste de Missambo. Parmi les détracteurs de la succession Myboto-Gondjout, Eric Myboto, fils de Zacharie et patron d’une entreprise de BTP dans la ville. Au départ sa présence sur la liste n’a pas fait l’unanimité  : « Nous avons beaucoup hésité à lui ouvrir la porte », confie un membre de l’équipe de campagne. Nous n’étions pas à l’aise compte tenu de la tension qui régnait. »

C’était sous-estimer la détermination du jeune homme. Il s’impatientait, dénonçant un délit de patronyme et a fini par obtenir ce qu’il voulait. Au bout du compte, Missambo a annoncé son ralliement à sa liste. « Tout au long de ma mandature, j’ai décidé de mettre la jeunesse au centre de mon engagement politique. Je vous présente Eric Myboto, jeune entrepreneur et qui a toujours été au service de notre parti. Il se présente comme Secrétaire exécutif adjoint. Je porte une énorme confiance à sa candidature. »

Scrutin annulé

Le patriarche n’a pas apprécié mais lui a-t-on laissé le choix ? Il a dû accepter cette compétition opposant des membres de sa famille. En revanche, selon nos informations, Chantal Myboto n’a toujours pas digéré le passage à « l’opposition » de son cadet. Outre Eric Myboto, la liste de Paulette Missambo propose comme vice-présidents les candidatures de François Ondo Edou, Jeanine Taty Koumba, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, Marie-Agnès Koumba, Roland Moutoumbou, Emmanuel Ntoutoume Ndong.

Au secrétariat exécutif, le député Maxime Minault Zima Ebeyard, secondé par les adjoints chargés de la jeunesse, Serge Zeng Ango ; chargé de la femme, Sergine Ndong, Sosthène Nguema Nguema, Aimé Patrice Koumamba.

Paul Marie Gondjout a lui aussi constitué une équipe qui compte quatre vice-présidents : Pierre Ondo Mebiame, Pierre Ndzambi, Jean-Paul Methode Ibong Fadi et Mombo Nzigou. Un secrétaire exécutif, Lambert Nkogho Edzang et cinq secrétaires exécutifs adjoints complètent ce directoire : Reine Adiahénot épse Ndjondji, Léopold Essono Bibang, Martial Joseph Allogo Allogo, Rodrigue Bokoko et Firmain Ollo Obiang.

Paul-Marie Gondjout était déjà candidat lors du dernier congrès de l’UN, en décembre dernier, lors duquel l’élection à la tête du parti devait avoir lieu. Mais le scrutin avait été annulé, certains membres du bureau ayant réclamé un délai pour faire en sorte de présenter d’autres candidats et d’assainir les listes des congressistes votants.