Société

Giannis Antetokounmpo : de la rue à l’Olympe… Ce qu’il faut savoir sur la star de la NBA

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Mis à jour le 25 juillet 2021 à 10:08

Giannis Antetokounmpo célèbre la victoire de son équipe les Milwaukee Bucks à l’issue du championnat américain de NBA le 22 juillet 2021

La star des Milwaukee Bucks, qui viennent de remporter le titre, est le joueur le mieux payé de la ligue américaine de basket. Retour sur le parcours hors norme de ce fils d’immigrants nigérians devenu sportif d’exception.

Sur le toit de la planète basket-ball. À 26 ans Giannis Antetokounmpo est là où il voulait être et dans son sillage, c’est toute l’équipe des Milwaukee Bucks qui réalise enfin son rêve. Emmenée par son leader, la franchise du Wisconsin a bouclé les finales NBA, mercredi 21 juillet, en remportant sa quatrième victoire contre les Phoenix Suns, au cours d’une série prévue en sept matches.

Cinquante ans que les Bucks et leurs fans attendaient cela, comme le nombre de point marqués par Giannis Antetokounmpo lors de la rencontre décisive. Auteur d’une performance herculéenne, le Gréco-nigérian a dominé ces finales de la tête et des épaules, pour décrocher sa première bague de champion. Un joli pied de nez pour ce fils d’immigrants nigerians, né à Athènes en 1994, et sorti de la rue par un sport qui vient de le couronner roi.

• Antetokounmpo Bro.

Chez les Antetokounmpo, on a la balle orange dans la peau et les mensurations adéquates pour s’y exprimer au plus haut niveau. Giannis (26 ans, 2,11 m), a côtoyé cette saison deux de ses frères sur les parquets de la NBA.

Il a fait venir Thanasis (29 ans, 1,98 m) à Milwaukee pour le seconder, pendant que Kostas (24 ans, 2,08m) cirait le banc des Lakers à Los Angeles. Celui-ci vient de signer avec l’équipe lyonnaise de l’ASVEL pour la saison prochaine, pendant que le petit dernier, Alexandros (19 ans, 2,03m) pourrait lui faire le chemin inverse et rallier une université américaine. Un véritable cinq majeur, si Francis, l’aîné (33 ans, 1,95 m), n’avait pas opté pour le football puis la musique.

• Apatride

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Aujourd’hui « fierté du peuple grec » selon un tweet balancé immédiatement après la victoire par le Premier ministre de la Grèce, Kyriakos Mitsotakis, « the Greek Freak » a dû attendre ses 18 ans pour devenir citoyen grec. Apatride jusqu’alors, bien que né à Athènes, il reçoit en juin 2013, le passeport qui lui permet de s’envoler vers les États-Unis pour être « drafté » (sélectionné) quelques semaines plus tard par les Bucks. Depuis 2015, Giannis, ainsi que ses trois autres frères nés comme lui en Grèce, possèdent également un passeport nigérian.

• « Le Grec monstrueux »

Giannis Antetokounmpo s’est vite fait un surnom dans la ligue majeure américaine. Au-delà de ses origines européennes, car depuis trois saisons le Grec est vraiment monstrueux et pas seulement pour ses mains de 33 cm et son physique d’exception (2,36 m d’envergure, 2,68 m de foulée).

Joueur ultra complet aux lignes statistiques affolantes, il a été élu meilleur joueur de la saison régulière en 2019, meilleur joueur encore et défenseur de l’année en 2020, avant de remporter le titre en 2021 en étant désigné meilleur joueur des finales. Seuls Michel Jordan et le Nigerian Hakeem Olajuwon, premier africain titré en NBA, ont fait aussi bien en aussi peu de temps dans toute l’histoire de la ligue.

• De la rue à l’Olympe

Si lui et ses frères vendaient encore à la sauvette montres et lunettes dans les rues d’Athènes en 2013 pour se faire un peu d’argent, Giannis a depuis changé de train de vie.

Oubliés les 400 euros par mois de sa première prime en Grèce, le « Most Valuable Player » (MVP) de la ligue a signé fin 2020, un contrat de 228 millions de dollars, soit le plus élevé jamais enregistré en NBA.

Antetokounmpo va toucher chaque année un peu moins de 46 millions de dollars durant les cinq prochaines saisons. Plus besoin pour le joueur le mieux payé de la ligue, de partager l’addition comme il en avait gardé l’habitude à son arrivée dans le Wisconsin.

 • Antetokounmpo ou Adetokundo

Nés en Grèce, Giannis et ses frères ont été éduqués à la nigeriane par leur mère Veronica, « qui parlait igbo à la maison », se souvient son fils. Arrivés en Grèce en 1991, les Adetokundo ont hellénisé leur patronyme au moment de se voir – enfin – octroyés la nationalité grecque en 2013.

Hakeem « The Dream » Olajuwon assure qu’Adetokundo signifie « la couronne rentre au pays » en yoruba. Un nom prédestiné pour celui qui rejoint la légende nigériane, titré en 1994 et 1995, ainsi que Festus Ezeli (Nigeria) vainqueur en 2015, Serge Ibaka (Congo) et Pascal Siakam (Cameroun) couronnés ensemble en 2019, au panthéon des Africains étoilés en NBA.

• Fier d’être africain

Giannis joue peut-être aux États-Unis et parfois sous les couleurs de la sélection nationale grecque, mais il n’en oublie pas moins ses racines africaines. Il a pourtant dû attendre août 2015 pour poser la première fois le pied sur le continent. Aux côtés notamment des Biyombo, Ibaka, Deng ou Ezeli, il participe alors à Johannesburg au premier match exhibition organisé par la NBA en Afrique. L’histoire retiendra que Team World a battu Team Africa 101-97, malgré les 22 points d’Antetokounmpo, meilleur marqueur du match.

• Atypique

Comme son physique, sa carrière et sa progression restent hors norme. Après avoir découvert le basket-ball à l’âge de 7 ans, il écume avec son frère Thanasis les play-grounds du quartier populaire de Sepolia, où sa grande carcasse se fait vite repérer.

Joueur frustre, au bagage technique limité, il intègre à 13 ans, le petit club de Filathilikos pour y apprendre les gammes. Il joue une saison en deuxième division grecque et passe sous le radar des grands clubs du pays que sont l’Olympiakos et le Panathinaïkos.

À 18 ans, faute de pouvoir intégrer la voie royale d’une université américaine, il décide de rejoindre directement la NBA où il est choisi par les Milwaukee Bucks. Deux saisons lui suffisent pour poser sa patte sur une équipe alors très faible. Capable d’occuper toutes les positions sur le terrain – même meneur de jeu, il remporte le prix de la meilleure progression en 2017, année où il rejoint également pour la première fois les étoiles du All-star Game. Qu’il n’a plus quitté depuis.

• Football

Aujourd’hui meilleur basketteur du monde, Giannis Antetokounmpo a pourtant bien failli devenir footballeur. Il a caressé le cuir jusqu’à l’âge de 12 ans, suivant l’exemple de son père, Charles, ancien joueur au pays.

Francis, l’aîné né au Nigeria, a lui aussi opté un temps pour le football, jouant même professionnel dans les divisions inférieures grecques. Giannis n’a rien perdu de son amour pour le ballon rond. Il avait tenu à poser en compagnie de Kilian Mbappé et Neymar, lors de sa visite à Paris en janvier 2020.

Mais quand il s’agit d’énumérer ses joueurs préférés, ce toujours fan d’Arsenal cite d’abord Thierry Henry, of course, devant le trio africain Didier Drogba [« j’adore sa manière de célébrer ses buts »], Samuel Eto’o et Yaya Touré.