Politique

Cameroun : Joseph Beti Assomo se rend dans l’Ouest meurtri

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Mis à jour le 23 juillet 2021 à 17h51
Le ministre camerounais de la Défense, Joseph Beti Assomo.

Le ministre camerounais de la Défense, Joseph Beti Assomo. © MABOUP

Le ministre chargé de la Défense se rend à Bafoussam et à Mbouda ce 23 juillet afin de faire le point sur la situation sécuritaire dans la région francophone de l’Ouest. Cette visite intervient après de multiples pertes dans les rangs des Forces de défense camerounaises.

C’est le nouveau casse-tête des autorités camerounaises dans la lutte contre les groupes qui militent pour l’indépendance du Cameroun anglophone. Jadis contenu aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le mouvement ambazonien connaît ces dernières semaines un regain d’intensité qui se caractérise notamment par des incursions répétées dans la région francophone voisine de l’Ouest.

La question préoccupe au sommet de l’État, où l’on se montre soucieux de ne pas voir la crise sécuritaire des régions anglophones métastaser dans le reste du pays. Le président Paul Biya, qui suit lui-même le dossier, a ainsi demandé à son ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo, d’effectuer une visite de travail ce 23 juillet dans l’Ouest. « Il sera question de faire le point sur les opérations de maintien de l’ordre ainsi que de protection des populations et de leurs biens dans cette région », a annoncé Joseph Beti Assomo.

Panique

Babadjou, dans le département de Bamboutos, fait partie des villes et villages de l’Ouest qui portent encore les stigmates des attaques séparatistes. Le 14 juillet dernier, une vingtaine de membres d’une des milices actives dans la zone de Santa y ont déferlé par surprise sur le poste avancé de gendarmerie, provoquant une panique généralisée. L’opération s’est déroulée aux alentours de 8h30 selon le gouverneur de la région de l’Ouest, Awa Fonka Augustine : une heure de pointe pour agriculteurs et commerçants. L’attaque s’est soldée par la mort de deux gendarmes qui ont ensuite été décapités par les assaillants.

La visite du ministre de la Défense intervient alors que les combats s’intensifient. L’usage d’engins explosifs improvisés par les sécessionnistes, tout comme les grosses pluies qui s’abattent sur cette zone équatoriale compliquent les opérations de l’armée, qui enregistre de lourdes pertes. Entre les mois de juin et juillet, pas moins de douze membres des forces de défense et de sécurité ont été tués.

L’un des otages, Mabia Johnson Mudika, a été exécuté par ses ravisseurs

Dans la région du Sud-Ouest, cinq fonctionnaires civils sont toujours retenus en otage par de présumés sécessionnistes. Ils étaient six à avoir été kidnappés à Misore-Balue, dans l’arrondissement d’Ekondo Titi. L’un des otages, Mabia Johnson Mudika, délégué départemental du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), a été exécuté le 18 juin par ses ravisseurs.

Série de revers

C’est à Bali Nyonga, dans la Mezam, Ekondo Titi, dans le Sud-Ouest, Menfoung Galim, dans l’Ouest, Djoti et Bamali, dans le Bui, et Batibo, dans les Momo, que les plus importants affrontements ont été enregistrés. Fin juin, le porte-parole de l’armée révélait que les forces de défense avaient livré une trentaine de batailles d’envergure en un mois, attribuant aux sécessionnistes la mort de 40 personnes durant la même période.

Les militants ambazoniens poursuivent leur mouvement de contestation de l’autorité de l’État. Lundi 20 juillet, les groupes armés ont interdit la circulation des véhicules dans l’arrondissement de Bali Nyonga. Une mesure qui vise à contrer celle du préfet de la Mezam, Simon Emile Mooh, qui a interdit l’usage des motos – moyen de déplacement privilégié des séparatistes – dans cette zone. Depuis lors, la route Bamenda-Bali (qui conduit également vers Ekok, au Nigeria) est paralysée.

Les autorités n’entendent cependant pas laisser le champ libre aux groupes armés. Outre une présence militaire accrue, les forces opérationnelles ont été formées à la lutte contre les engins explosifs. Le déplacement de Beti Assomo devrait sûrement conduire à la mise en place de nouvelles stratégies afin d’interrompre la série de revers que rencontrent les forces républicaines.

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