Politique

France-Côte d’Ivoire : pourquoi Macron et Ouattara vont se revoir

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Mis à jour le 22 juillet 2021 à 17:53

Emmanuel Macron et Alassane Ouattara, le 17 mai 2021 avant le diner officiel des chefs d’État, à l’Élysée. © REUTERS/Gonzalo Fuentes

Le chef de l’État ivoirien s’entretiendra à Paris avec son homologue français dans les prochaines semaines. Plusieurs sujets prioritaires seront abordés. Voici ce sur quoi ils devront trancher.

Le principe de la rencontre est acquis. Reste désormais à fixer la date, en fonction des agendas des deux présidents. Emmanuel Macron et Alassane Ouattara se verront dans les semaines à venir, au plus tard à la rentrée, selon nos informations.

Les deux chefs d’État, qui se rencontrent régulièrement, ont une série de sujets sur lesquels ils veulent échanger de vive voix, tant sur les questions internationales que sur celle touchant à la politique intérieure ivoirienne.

Antiterrorisme et C2D

Les échanges porteront sur le processus de réconciliation lancé en Côte d’Ivoire depuis le retour de Laurent Gbagbo, le 17 juin dernier. Emmanuel Macron a plaidé à plusieurs reprises en faveur d’un apaisement du climat politique dans le pays, dont la France veut faire l’un des principaux pivots dans le dispositif de lutte contre le terrorisme dans le Sahel après la fin annoncée de Barkhane.

Paris dispose, sur la base militaire des Forces françaises en Côte d’Ivoire (FFCI), d’un effectif de 900 hommes, parmi lesquels des forces spéciales qui sont projetées sur les terrains d’opération dans toute l’Afrique de l’Ouest.

La France a également participé au financement de la nouvelle Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT), où elle envisage d’installer un centre régional de renseignements, malgré quelques réticences des Ivoiriens.

Mais la question centrale au programme de ce futur entretien sera économique : selon nos informations, les échanges porteront en effet sur le troisième contrat de désendettement et de développement (C2D).épine dorsale de la coopération franco-ivoirienne.

Lever l’équivoque

Depuis plusieurs mois, les parties ivoiriennes et françaises butent dans les négociations portant sur les affectations des ressources du C2D estimées à 751 milliards F CFA. Une délégation française a été dépêchée à Abidjan en mai dernier, mais elle est revenue sans qu’aucun accord n’ait été trouvé. Les Français souhaitent une affectation des ressources à hauteur de deux tiers de la somme pour les projets C2D, et un tiers pour le financement du métro d’Abidjan.

Adama Coulibaly, le ministre ivoirien de l’Économie et des Finances, qui a participé à ces discussions, a défendu le principe des « trois tiers », sur lesquels Emmanuel Macron et Alassane Ouattara se sont, selon lui, entendus : un tiers pour l’appui budgétaire, un autre pour le métro et le dernier pour le C2D. Les Français ont suggéré de passer par un arbitrage des deux chefs de l’État.

La rencontre Macron-Ouattara doit permettre de lever cette équivoque. Entre-temps, cependant, la position française a évolué sur l’appui budgétaire, qu’ils veulent injecter directement dans les caisses du Trésor ivoirien. Mais aucun montant n’a pour l’heure été fixé sur ce point. La présidence ivoirienne table sur des ressources estimées à 180 milliards F CFA, disponibles au plus tard en décembre 2021. Le 21 juillet, en Conseil des ministres, le gouvernement a en outre annoncé la signature d’un troisième C2D d’ici au mois de septembre.