Politique

Gabon : comment Alexandre Barro Chambrier, en précampagne présidentielle, active ses réseaux depuis la France

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Mis à jour le 22 juillet 2021 à 15:20

Alexandre Barro Chambrier, à Libreville en juillet 2015. © Alexandre Barro Chambrier, d√©put√©, √† Libreville, Gabon le 16 juillet 2015 © Yvan G.Pictures pour JA

Depuis qu’il a posé ses valises en France mi-juillet, l’opposant mène une intense opération de séduction dans les milieux politiques gabonais.

Alexandre Barro Chambrier multiplie les contacts avec les différentes tendances de l’opposition à Ali Bongo Ondimba (ABO). Il a, par exemple, accordé plusieurs audiences aux activistes et influenceurs web qui n’ont jamais reconnu la victoire du président à la dernière présidentielle de 2016. Il s’est également entretenu avec des leaders associatifs et il a rencontré des personnalités politiques en exil dans l’hexagone, à l’instar de Charles Mba.

Le fondateur du Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) a également rencontré Omar Denis Bongo Ondimba, fils de l’ancien président du Gabon et petit-fils du président congolais Denis Sassou Nguesso, qui était alors en vacances en France.

Tournée dans le Haut-Ogooué

Les deux hommes, qui entretiennent des relations délicates avec le chef de l’État gabonais, sont familiers de la résidence présidentielle de Brazzaville et d’Oyo. Le 12 décembre dernier, le président congolais s’est rendu à Libreville aux obsèques de Marcel Eloi Rahandi Chambrier, ancien président de l’Assemblée nationale et père d’Alexandre Barro Chambrier. Lors de ces obsèques, le Palais du bord de mer n’avait pas été représenté.

L’opposant gabonais envisage une tournée dans le Haut-Ogooué, le fief inexpugnable de la famille Bongo. Il pourrait, selon nos informations, demander à Omar Denis Bongo de l’accompagner. Pour cet ancien cadre du Fonds monétaire international (FMI), plusieurs fois ministre dans les gouvernements d’Omar Bongo et ancien ministre des Mines sous ABO –  même s’il finira par claquer la porte du parti au pouvoir pour rejoindre l’opposition -, la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2023 a déjà commencé.

Trois messages subliminaux

S’il ne fait pas mystère de son projet de candidature, Alexandre Barro Chambrier travaille en réalité en France à faire passer trois messages subliminaux à ses interlocuteurs. D’abord, que l’époque Jean Ping est révolue et que, si le candidat de 2016 ne l’a pas encore adoubé, il finira par le faire lorsque son entourage sera prêt à passer la main.

Deuxième signal : s’il s’élance si tôt dans la course, tel un coureur tentant une échappée, c’est pour prendre l’avantage sur ses concurrents de l’opposition, comme Charles Mba, qui n’auront selon lui pas d’autre choix que de le rejoindre. Cette campagne démarrée avant l’heure avait fait de Ping le « candidat unique » de l’opposition en 2016.

Enfin, l’opposant veut faire comprendre qu’il dispose d’atouts pour partir à la conquête du Palais du bord de mer. Même s’il lui reste à solder la dispute qui l’oppose à son ex-ami, Michel Menga M’Essone, nommé ministre de la Culture et des Arts. Ce dernier a en effet réhabilité le Rassemblement héritage et modernité, qu’Alexandre Barro Chambrier avait fait dissoudre pour créer le RPM.


Précision :

Suite à la publication de cet article, Omar Denis Bongo Ondimba nous a fait savoir que, contrairement à ce que nous avait affirmé l’entourage d’Alexandre Barro Chambrier, « aucune rencontre » entre ces deux personnalités « n’a eu lieu en France en juillet ». Le fils de l’ancien président du Gabon n’y séjournait d’ailleurs pas en vacances. Même démenti de sa part en ce qui concerne une éventuelle tournée commune dans le Haut -Ogooué, laquelle n’est « aucunement envisagée », ajoute Omar Denis Bongo Ondimba.