Économie

Une ambitieuse nommée ECAir

La jeune compagnie aérienne congolaise ECAir va assurer trois liaisons hebdomadaires entre Brazzaville et Dubaï.

Mis à jour le 3 mars 2014 à 09:16

Fatima Beyina-Moussa est la directrice générale de la compagnie aérienne ECAir. © Baudouin Mouanda/JA

Le message de Fatima Beyina-Moussa est clair : Equatorial Congo Airlines (ECAir) n’est pas une compagnie africaine comme les autres. « Nous sommes aux normes internationales », répond un peu sèchement d’ailleurs la directrice générale de la jeune société nationale congolaise quand un journaliste émirati lui rappelle les problèmes de sécurité qui ternissent régulièrement l’image des opérateurs aériens d’Afrique centrale.

Le voyage à Dubaï, organisé le 6 février pour inaugurer trois liaisons hebdomadaires entre Brazzaville et la deuxième plateforme aéroportuaire au monde à partir du 31 mars, a justement offert à la patronne l’occasion de souligner la singularité de sa compagnie : elle est la seule aujourd’hui à proposer un service direct vers le Moyen-Orient au départ de la sous-région, en plus de Paris, qu’elle rallie depuis août 2012.

Pilotes

Pour renforcer sa crédibilité, ECAir s’est choisi une directrice commerciale allemande et a confié la gestion de ses Boeing à un opérateur suisse. En plus de permettre à ECAir de contourner l’interdiction faite aux compagnies congolaises de se poser dans les pays membres de l’Union européenne, le genevois Privatair fournit les pilotes, assure la formation des équipages et s’appuie sur Lufthansa Technik pour la maintenance de la flotte.

 

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Fort de cette caution, ECAir pourrait bien devenir cette compagnie « à vocation sous-régionale » dont rêve tout haut Fatima Beyina-Moussa, qui, après Douala en 2013, promet cette année l’ouverture de lignes régulières vers Libreville, Malabo et Luanda.

Partenariats

Elle multiplie également les appels du pied à l’intention de Camair-Co et de Kinshasa pour attirer à Brazzaville les passagers camerounais et congolais susceptibles de gonfler le taux de remplissage des appareils. En attendant d’étendre sa toile en Afrique de l’Ouest.

« Avec le deuxième module de l’aéroport de Maya-Maya, ECAir dispose aujourd’hui de tous les atouts pour devenir l’opérateur domestique de référence en Afrique centrale », estime le consultant Cheick Tidiane Camara. Une possibilité qui n’effraie pas Air France-KLM et Frank Legré, son directeur général, pour qui les ambitions d’ECAir à l’égard de Dubaï « sont une bonne chose ». Ne serait-ce que pour éviter l’arrivée à court terme d’un mastodonte comme Emirates dans la région.