Politique

Burkina : Mélenchon, en campagne à Ougadougou, vise la politique africaine de Macron

| Par - à Ouagadougou
Mis à jour le 20 juillet 2021 à 14h28
Le président Roch Marc Christian Kaboré reçoit Jean-Luc Mélenchon le 19 juillet 2021

Le président Roch Marc Christian Kaboré reçoit Jean-Luc Mélenchon le 19 juillet 2021 ©

Hommage à Sankara, entretien avec le président Kaboré et rencontre des mouvements citoyens. Le discours du leader de la France insoumise à l’université, mercredi, devrait prendre le contrepied de la politique africaine d’Emmanuel Macron.

« Échange approfondi et lucide sur les enjeux sanitaires, sécuritaires et sur le changement climatique ». À l’issue de son entretien avec le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, lundi en fin d’après-midi, Jean-Luc Mélenchon n’a pas hésité à parler d’une « moment clef pour comprendre ce qui se passe dans la région ».

Engagé dans la campagne pour la présidentielle de 2022 en France, c’est une visite à haute teneur politique et symbolique que le leader de la France insoumise mène depuis dimanche à Ouagadougou, où il est arrivé dimanche pour quatre jours.

Le député français, qui fut l’un des fidèles de François Mitterrand, a tenu d’abord voulu rendre hommage à l’une des icônes de la gauche anti-impérialiste et anticolonialiste, avec lequel l’ancien président français avait pourtant des relations parfois tendues : Thomas Sankara. « Nous sommes venus apprendre, pas donner des leçons », a notamment déclaré le député français, qui s’est recueilli dimanche sur le mémorial érigé en mémoire du président assassiné en 1987.

Jean-Luc Mélenchon et nous sommes d’accord sur le fait que les peuples africains, et notamment les Burkinabè, sont souverains

Il a également tenu à rencontrer quelques-uns des leaders de l’insurrection populaire qui a précipité la chute de Blaise Compaoré, lors des jours de colère d’octobre 2014. Là encore, aux côtés des sankaristes et des membres du Balai citoyen, il a insisté sur la « similitude » entre ces mouvements et le parti qu’il dirige. « Sa visite au siège du Balai citoyen est intervenue à la demande de la France insoumise. Ils ont souhaité nous rencontrer pour un partage d’expériences, précise l’artiste Serge Bambara, alias Smockey. Mélenchon l’a dit lui-même : il veut s’inspirer de notre mouvement ». Les débats ont porté sur les méthodes du Balai citoyen et son positionnement comme force de proposition autant que de pression.

Retrait partiel de Barkhane

« Jean-Luc Mélenchon et nous sommes d’accord sur le fait que les peuples africains, et notamment les Burkinabè, sont souverains. Et si les peuples ne veulent pas de la présence de troupes françaises sur leur sol, la France doit en tenir compte et immédiatement se retirer », insiste Smockey. Nous devons changer ces rapports paternalistes avec cette France qui souhaite préserver ses intérêts au détriment de l’immense majorité de nos États. »

Un discours que portera sans doute Jean-Luc Mélenchon, ce mercredi, à l’université de Ouagadougou, où le député espère mettre en scène sa réponse à Emmanuel Macron, sa propre version du « discours de Ouagadougou » du président français, qui avait fait couler tant d’encre, en 2017. Le leader de la France insoumise sait qu’il arrive en terrain ami, dans ce haut lieu de la contestation estudiantine, qui a été l’épicentre et le creuset du syndicalisme burkinabè.

Mais depuis 2017, la donne a largement changé. Là où Emmanuel Macron avait défendu la décision de son prédécesseur François Hollande d’intervenir au Mali – « une bonne décision », avait-il assuré – le président français vient en effet d’annoncer une refonte complète du dispositif sécuritaire de la France au Sahel. Une refonte qui passe par un retrait partiel des troupes actuellement déployées dans le cadre de Barkhane.

Le Burkina, qui a signé un accord de défense avec Paris en 2018 pour renforcer la coopération militaire alors que le pays est confronté à une crise sécuritaire sans précédent, a refusé l’implantation d’une base française à Dori, arguant que la présence d’un détachement à Kamboinsé, en banlieue nord-ouest de la capitale était déjà une « anomalie » à sa doctrine de défense. Une position qui rejoint celle de la société civile, opposée à la présence de forces étrangères sur le sol burkinabè.

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