Politique

RDC : le discret lobbying de Moïse Katumbi autour de Joe Biden

Réservé aux abonnés
Par
Mis à jour le 20 juillet 2021 à 17:40

Moïse Katumbi, à Bruxelles le 28 mai 2019. © Johanna de Tessières/ Collectif Huma pour JA

Pressenti comme candidat pour la présidentielle de 2023, l’ancien gouverneur du Katanga multiplie les contrats de lobbying aux États-Unis.

Alors que la polémique autour de la proposition de loi de Noël Tshiani bat son plein depuis le dépôt du texte au Parlement, le 8 juillet, Moïse Katumbi continue de solliciter son réseau outre-Atlantique en amont de la présidentielle de 2023.

Ce texte prévoit que seuls les Congolais nés de père et de mère également congolais pourraient se présenter à la magistrature suprême. Une réforme qui disqualifierait Katumbi, dont le père est d’origine grecque. Le camp de l’ancien opposant a donc menacé de quitter la majorité si le projet venait à être débattu à l’Assemblée nationale.

L’ancien gouverneur du Katanga, allié de Félix Tshisekedi et patron du parti Ensemble pour la République, est pressenti pour être candidat à ce scrutin lors duquel le chef de l’État briguera un second mandat.

Plusieurs missions

Désireux de se rapprocher de l’administration du président américain Joe Biden, l’homme d’affaires a signé un premier contrat le 3 juin avec la firme King & Spalding EEP.

Selon cette convention, basée sur une rémunération mensuelle de 40 000 euros, la mission confiée au cabinet de lobbying consiste à « représenter Moïse Katumbi Chapwe auprès du Congrès et de l’exécutif américains sur des questions telles que les violations des droits de l’homme, la législation anti-corruption, [et à] organiser des réunions avec les responsables politiques et les décideurs du gouvernement ».

À travers ce premier contrat en a été conclu un second, le 14 juillet, avec la firme Brownstein Hyatt Farber Schreck, représentée par l’ancien président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, Ed Royce. Celui-ci assiste Moïse Katumbi dans ses efforts auprès de l’administration Biden. Le contrat, qui prévoit une rémunération mensuelle de 20 000 dollars, est fixé pour une durée de cinq mois, jusqu’au 14 décembre 2021.

Brève rencontre avec Antony Blinken

Selon le premier compte-rendu des activités menées par le cabinet, figurant sur le contrat, Ed Royce a déjà rencontré brièvement le sénateur Chris Coons le 13 juillet « au sujet des élections libres et équitables en RDC ». Ce dernier est un proche de Joe Biden. Il avait notamment été envoyé en Éthiopie en mars dernier à la demande du président américain afin d’y rencontrer Abiy Ahmed au sujet du conflit dans le Tigré. Edward Royce a également « brièvement rencontré » le secrétaire d’État Antony Blinken, le 14 juillet, toujours « au sujet des élections libres et équitables en RDC ».

Moïse Katumbi recourt régulièrement aux actions de lobbying aux États-Unis. En amont de la dernière présidentielle, à laquelle il avait été empêché de se présenter, il avait multiplié les contrats avec la firme Akin Gump Strauss Hauer & Feld LLP.