Politique

« Congolité » en RDC : Moïse Katumbi mobilise son terrain

Mis à jour le 21 juillet 2021 à 14:53
Kash

Par Kash

Caricaturiste, bédéiste et peintre congolais installé à Kinshasa.

Kash © Kash

Tandis que le débat continue de faire rage autour de la proposition de loi Tshiani, qui entend « verrouiller » l’accès à la présidence aux seuls candidats nés de père et de mère congolais, Moïse Katumbi a reçu le soutien des chefs traditionnels de son village, dans le Haut-Katanga.

Les remous politiques provoqués par la proposition de loi initiée par Noël Tshiani n’ont pas fini de se faire sentir. L’ancien candidat à la présidentielle, dont le texte est porté à l’Assemblée nationale par le député Nsingi Pululu, veut que les candidats à la présidentielle – et au-delà à de nombreux postes à responsabilité – soient nés de père et de mère congolais.

La tension est d’autant plus forte que les partisans de Moïse Katumbi, dont le père est grec, accusent le camp de Félix Tshisekedi d’être à la manœuvre pour tenter d’écarter leur champion de la course à la présidence en 2023.

« Congolité » ou « verrouillage » ?

Si les proches du chef de l’État ont, à plusieurs reprises, démenti être derrière cette proposition de loi, le débat ne se calme pas. Dans le duel d’invectives et d’accusations croisées, les pro-Katumbi sont allé chercher le soutien au plus près du terrain : les chefs coutumiers et les mamans de Kashobwe, le village de Moïse Katumbi dans le Haut-Katanga, ont fait savoir leur soutien à « l’enfant du pays »  et tout le mal qu’ils pensent de la proposition de loi érigeant en dogme le concept de « congolité » pour les prétendants à la magistrature suprême.

Noël Tshiani, qui accuse les chefs coutumiers de s’être fait « acheter », récuse pour sa part le procès en xénophobie que lui intentent ses contempteurs. « Il n’y a pas de loi sur la congolité en RDC. Il y a plutôt la proposition de loi Tshiani sur le verrouillage de l’accès à la présidence et aux fonctions de souveraineté en RDC », a-t-il déclaré.

Pas de quoi convaincre les partisans de l’ancien gouverneur du Katanga. D’autant que Jacky Ndala, le leader de la jeunesse d’Ensemble pour la République, la formation politique de Katumbi, a été arrêté dimanche et serait, selon les cadres de son parti, détenus par l’Agence nationale de renseignement (ANR). De quoi alimenter encore un peu plus l’atmosphère de défiance et de paranoïa qui prévaut depuis plusieurs semaines…