Politique

Côte d’Ivoire : décès de Charles Gomis, grande figure de la diplomatie ivoirienne

| Par Jeune Afrique
Mis à jour le 16 juillet 2021 à 19h35
Charles Gomis, le 10 mai 2014, lors de la visite du ministre français des Armées, Jean-Yves Le Drian, à Abidjan.

Charles Gomis, le 10 mai 2014, lors de la visite du ministre français des Armées, Jean-Yves Le Drian, à Abidjan. © Bruno Levy pour Jeune Afrique

Le diplomate Charles Gomis, qui fut un proche du président Félix Houphouët-Boigny, est décédé ce 16 juillet à Paris à l’âge de 81 ans. La Côte d’Ivoire perd l’un de ses ambassadeurs les plus emblématiques.

Pour beaucoup, c’était un pilier. Une mémoire autant qu’un guide. Charles Gomis, charismatique figure de la diplomatie ivoirienne, est décédé ce vendredi 16 juillet à Paris, où il séjournait. Il avait fêté son 80e anniversaire le 5 février dernier. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par des sources proches de la famille.

Embauché en tant que stagiaire par un certain Henri Konan Bédié, alors ambassadeur de Côte d’Ivoire à Washington, Charles Gomis est devenu le directeur de cabinet de ce dernier lorsqu’il a été nommé  ministre de l’Économie et des Finances, en 1967. Le natif de Grand-Bassam, qui n’avait alors que 27 ans, restera à ce poste jusqu’en 1973.

Ce diplômé de l’Université de Californie, siègera ensuite au conseil d’administration de plusieurs entreprises publiques. Il siègera également à cette époque au conseil de surveillance de la Bourse des valeurs d’Abidjan, où il sera l’un des artisans de l’ouverture de l’économie ivoirienne à la capitalisation boursière, voulue par Houphouët-Boigny.

Washington, Brasilia, Paris…

Sa carrière de diplomate, sous Félix Houphouët-Boigny, l’a mené de Washington à Brasilia en passant par Bogota. Nommé ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement formé par Seydou Diarra après le coup d’État de Robert Gueï contre Bédié, en mars 2000, Charles Gomis quittera son poste en octobre, et rejoindra par la suite le groupe Sifca (Société immobilière et financière de la côte africaine).

Il n’en abandonnera pas pour autant son bâton de diplomate. En 2002, il rejoint la Mission des Nations unies au Congo (Monuc), dont il dirigera le bureau en Ituri, dans l’est de la RDC, en 2006 et 2007. De 2013 à 2020, il fut ambassadeur de la Côte d’Ivoire en France, au Portugal et à Monaco. Poste qu’il occupa jusqu’en 2020. Cette année-là, le président Alassane Ouattara le nomme sénateur. Charles Gomis était depuis le deuxième vice-président de la chambre haute du Parlement ivoirien.

Polyglotte, le mot toujours choisi avec soin, réputé pour son élégance, Charles Gomis était une figure particulièrement respectée en Côte d’Ivoire, notamment au sein de la classe politique. Sur ses quatre filles, Sylvie, Henriette, Evelyne et Camille-Alexandra – , deux sont mariées à des figures de la scène politique ivoirienne : Henriette est mariée à Jean-Louis Billon ; Sylvie à Thierry Tanoh. Evelyne est pour sa part mariée au financier camerounais  Cyrille Nkontchou.

Militant de longue date au Parti démocratique de Côte d’Ivoire d’Henri Konan Bédié, Charles Gomis avait, récemment, rejoint les rangs du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, de Ouattara).

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